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La Conférence de Brazzaville de 1944: Un pont entre l'histoire coloniale et l'histoire contemporaine du Congo

par André LOUNDA 1 Mars 2024, 18:11 Education

La Conférence de Brazzaville de 1944: Un pont entre l'histoire coloniale et l'histoire contemporaine du CongoLa Conférence de Brazzaville de 1944: Un pont entre l'histoire coloniale et l'histoire contemporaine du CongoLa Conférence de Brazzaville de 1944: Un pont entre l'histoire coloniale et l'histoire contemporaine du Congo

<< La Conférence de Brazzaville : 80 ans après >>, c'est sur ce thème que s'est tenue ce jeudi 29 février 2024 à Brazzaville, la première journée scientifique en histoire et civilisations, col organisée par la Formation Doctorale << Histoire et civilisations >> de la Faculté des lettres, des arts et des sciences humaines de l'Université Marien NGOUABI que dirige le Professeur Joseph ZIDI, l'interdisciplinarité Groupe de recherche sur l'Afrique contemporaine et l'association Avenir NEPAD. Journée au cours de laquelle, les participants ont échangés sur les communication suivantes: << Conférence de Brazzaville : aux sources de la colonisation et de la dépendance >>; << Conférence de Brazzaville de 1944 et le déclic vers les indépendances africaines: cas du Congo >>; << Un exemple des conséquences politiques de la Conférence de Brazzaville de 1944 au Moyen-Congo: les succès du PPC de Jean Félix TCHICAYA dans le Niari (1946-1957) >>; << Le rôle de Félix ÉBOUÉ dans la Conférence de Brazzaville de 1944 >>. Cette rencontre scientifique a offerte aux historiens congolais, l'opportunité de revisiter ce moment important de l'histoire coloniale française en Afrique.

En effet, organisée du 30 janvier au 8 février 1944, pour dresser le bilan de la politique coloniale passée, au moment où la charte de l'Atlantique proclamait close « l'ère de l'impérialisme », la Conférence voulait insuffler un esprit, montrer aux Alliés et aux populations indigènes victimes des contraires de la guerre que la France était capable d'assumer ses responsabilités vis-à-vis des peuples opprimés. Pourtant, il faudra attendre 1958, à la veille des indépendances, pour que surgisse le mythe de Brazzaville, le mythe d'une Conférence qui aurait compris avant les autres le sens des évolutions nécessaires, la volonté irréversible des peuples de devenir indépendants, le mythe de << l'homme de Brazzaville >>. C'est dire, combien dans cette histoire passionnante et singulière. Brazzaville, capitale de la France libre, en 1940, a joué un rôle déterminant dans le processus de la décolonisation de l'Afrique noire. Tel que l'a souligné le Professeur Joseph ZIDI dans son mot de présentation de cette journée scientifique.

Poursuivant ses propos, le Professeur Joseph ZIDI a déclaré que célébrer ou commémorer cet événement, c'est à la fois se souvenir et s'interroger. Se souvenir du contexte historique qui a conduit à la convocation de cette conférence, se souvenir des acteurs clés qui ont laissé leurs empreintes. Il s'agit aussi de s'interroger sur les raisons fondamentales qui ont poussé la France à réfléchir sur l'avenir de ses colonies; s'interroger sur la portée historique de cette conférence dans la vie des territoires devenus des Républiques, au lendemain des indépendances, s'interroger sur ses conséquences au plan national et international. C'est aussi rechercher ce que Brazzaville a gardé comme symboles, c'est-à-dire, les lieux mémoire et la mémoire de ces lieux.

 

Le Professeur Joseph ZIDI à nos micros, en quelques mots a donné la quintessence de cette journée scientifique.

 

*Joseph ZIDI: Nous avons bien voulu organiser cette journée suite à la demande des autorités de la Faculté des lettres, des arts et des sciences humaines, qui ont souhaité que chaque mois, chaque parcours, chaque département prennent un mois pour animer les activités intellectuelles, culturelles et socioculturelles visant à redonner la vie intellectuelle à la faculté. Le parcours Histoire et civilisations notamment, la formation doctorale Histoire et civilisations a pris donc le bal au répond pour organiser cette année qui visait quoi essentiellement mais, 'abord à revenir sur un moment important de notre histoire, l'histoire du Congo, l'histoire de la relation entre la France et l'Empire colonial pour se souvenir des raisons qui ont amenées De Gaulle à organiser cette conférence française africaine puisque la majorité des participants était des français. Ils décidèrent donc, de l'avenir de l'Empire coloniale à la veille de la fin de la seconde guerre mondiale. De Gaulle avait peur parce que l'Empire français qui bouillonnait déjà parce que du côté des allemands ou du côté des russes donc, il fallait réajuster un certain nombre de liberté sur le plan social, sur le plan politique puisque de Gaulle parle de la liberté mais, il y a eu aussi la nécessité pour la France de garder l'Empire français parce que c'est important sur le plan socioéconomique. Si vous avez suivi les communications, ils sont revenus donc sur les acteurs, il y a eu une communication que ÉBOUÉ, ils ont insisté sur De Gaulle. On a insisté sur les lieux, les mois c'est-à-dire, les lieux marquants, les lieux qu'on peut retenir comme étant des sites, des places fortes pour cette conférence.

 

-Monsieur le Professeur, nous sommes le 29 février, est-ce qu'il y a un lien par rapport à la date de la tenue de cette conférence ?

 

* Joseph ZIDI: Non simplement, nous avons pris du retard ! La conférence s'achève le8 février' nous on a pris du retard dans l'organisation. On a tenu quelle se face en février pour tenir quand même le mois. Donc, la date du 29 n'a véritablement rien à avoir avec la fin de la conférence. C'est juste pour sur remémorer comme je 'ai dit dans mon speech qu'il fallait se souvenir et s'interroger sur l'importance de cet événement qui marque quand même un tournant dans la vie politique en Afrique parce que ça préfigure ce qui arrive en 1955 , la Conférence de Bandun, ça préfigure en ce qui concerne la proclamation de la République en 1958. Donc ça s'accélère comme l'ont dit les conférenciers avant mais qui n'ont pas eu d'impact pour impulser les mouvements de libération et de revendications des peuples africains. Vous avez suivi la Conférence de Brazzaville qui fixe en réalité le partenariat, la coopération entre la France et le Congo c'est là où s'est écoulé le système de la Françafrique, c'est là où est décidé le francs CFA, c'est là où est créée la cellule africaine sous De Gaulle et Pompidou donc, c'est un moment important. Voilà pourquoi les autres pays africains pensent que toute la politique actuelle de coopération entre la France et les pays africains ne peuvent être comprise sans revenir à cet événement qui a fixé les modalités des relations entre la France et les anciennes colonies en Afrique.

 

-Professeur, qu'est-ce qui explique la présence des étudiants, est-ce que c'est pour faire passer le message ?

 

*Joseph ZIDI: Oui en priorité ! Déjà on vous le dit que dans les manuels français, l'événement n'existe pas, l'événement n'existe dans les programmes congolais ! Si déjà nous les enseignants on a du mal à avoir de la documentation, il est beaucoup plus important pour les étudiants à comprendre assez sur cet événement donc, il faut revenir sur cet événement sur la place de Brazzaville, Capitale de la France-libre mais qui n'a rien bénéficié au sortir de la 2ème  guerre mondiale et même après les indépendances. C'est Brazzaville qui abrite la Conférence de Brazzaville mais après la guerre, il n'y a pratiquement rien par rapport à Alger, par rapport à Dakar, par rapport à Abidjan, par rapport à Libreville ! Donc, c'est important de restituer les faits historiques pour montrer non seulement le double jeu de la France mais aussi, le caractère singulier des rapports entre la France et le Congo.

 

 

 

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