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L'affaire de cession des prérogatives de quelques services de la société Énergie Électrique du Congo en sigle E2C à la SENELEC et à bien d'autres concessionnaires, fait couler de l'encre et de la salive au niveau des travailleurs de cette entreprise et des inquiétudes pour les consommateurs. Une démarche suicidaire que le gouvernement est entrain de menée d'après les cadres et les syndicalistes. C'est dans ce sens que ce mercredi 19 février 2025, nous avons bel et bien échangé avec Monsieur MOKOMBO Simon Franck, Chef de division à E2C, président du Syndicat SUDO-E2C SA. Notre entrevue a porté sur la quintessence de cette crise, les résolutions et bien d'autres.
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- Président, il y a des choses qui se passent au sein de votre société. Pour éclairer l'opinion publique, pourriez-vous, de façon succincte de cette convention que le gouvernement vient de ratifier avec des concessionnaires ?
MOKOMBO Simon Franck : Le gouvernement a décidé que nous puissions passer par des réformes. En 2003, il y a eu la loi portant le Code de l'électricité, qui a libéralisée le secteur de l'électricité et nous étions d'avis pour les réformes, tel que l'a dit le président de la République et le gouvernement. Nous avons eu un atelier à l'hôtel Radisson en 2017 d'où l'État congolais avait pris pour conseil, la société SENELEC du Sénégal. Il y a eu pas mal de nos frères qui étaient venus pour cet atelier. À la fin de cet atelier, les experts de la SENELEC ont dit au gouvernement congolais que la taille de l'entreprise de l'E2C ne serait pas possible pour qu'il y soit un morcellement de cette entité. Pourquoi ? Nous avons 98% de nos clients qui sont de la basse tension et l'entreprise n'atteint pas plus d'un million d'abonnés. Donc, du coup faire le morcellement de l'entreprise ne répondra pas à la charge ou encore au schéma que le gouvernement préfère aujourd'hui.En conclusion, l'atelier de Radisson avait recommandé au gouvernement de rendre la mariée belle pour qu'elle puisse aller au mariage. Donc en quelque sorte : réunir d'abord les conditions pour pouvoir s'engager à ce qu'ils veulent faire maintenant.
- Quel est l'avis ou la position des syndicalistes face à cette crise ?
MOKOMBO Simon Franck : Nous avons dit oui pour les réformes et il faut qu'il y ait un schéma ! Pourquoi ne pas laisser E2C comme entreprise historique d'électricité ? C'est ce qui fait le Sénégal ! La SENELEC à ses barrages, elle fait le transport, la distribution ! Il y a la loi sur le Code de l'électricité ! Pourquoi ne pas avoir ceux qui veulent venir investir ? Je prends pour exemple, la SENELEC, qui est venue, nous n'avons pas mal des sites où ils peuvent irriguer leurs barrages et ils nous vendent de l'électricité comme on le fait en République Démocratique du Congo ! Comme le fait la Centrale Électrique du Congo, la CEC ! C'est aussi une manière des réformes ! Nous avons besoin des investisseurs qui sont capables et dignes de ce nom d'investisseur. Il amène son argent et, qu'il vient nous aider pour les black-out ! La solution des black-out que nous vivons est bien connue, c'est parce que nous n'avons pas un barrage de proximité voilà ! Nous avons besoin des investisseurs ! Pourquoi ne pas avoir un investisseur qui va faire une ligne qui va relier Pointe Noire et Brazzaville ? Au cas où la première ligne est en dysfonctionnement, on prend la deuxième ligne. C'est le relais pour éviter les coupures que nous décrions tous. Nous les partenaires sociaux associés avec les cadres d’E2C, nous avons plus de deux ou trois documents que nous avons remis à la disposition du gouvernement pour apporter la solution à la desserte en électricité au Congo-Brazzaville. Ils le savent pertinemment.
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-Président, vous dîtes qu'ils le savent. Est-ce que qu'ils ont réellement ces documents ?
MOKOMBO Simon Franck : Vous pouvez répartir vers eux pour leurs poser la question, avez-vous reçu les propositions des cadres de E2C et des partenaires sociaux ? Ils vous diront oui ! S'ils ont n'en pas, revenez vers nous et nous vous mettrons ces documents à votre disposition.
-S'agissant du barrage du Djoué, qu'est-ce qui manque pour le réhabiliter pour en finir avec les black-out ?
MOKOMBO Simon Franck : Voilà, nous revenons encore sur la même question des concessions mais voilà encore un exemple palpable. Un concessionnaire qui veut nous apporter de l'argent, il n'a qu'à ressusciter ce cadavre-là ! En ce moment-là, quand il va nous pomper de l'électricité sur le réseau, on va avoir un accord avec lui pour le payer petit à petit !
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-Ces concessionnaires ont pris la distribution et la commercialisation. Pourquoi l'État n'aura que 15% de ces concessions ? Est-ce que l'État va tirer vraiment un profit ?
MOKOMBO Simon Franck : La Convention a été ratifiée. Je ne peux pas m'engager dans les débats de l'État, lui, il a ses objectifs et ce qu'il a à faire. Mais, en résumé, je peux vous dire que si vous, vous avez une maison et que vous avez un contrat avec quelqu'un qui veut améliorer la maison pour y habiter. Je pense qu'il serait mieux de faire un contrat gagnant-gagnant ! C'est plus simple ! Voilà comment moi, je peux vous répondre. C'est plus simple que de faire un contrat et que toi qui est le propriétaire de la maison, tu es perdant ! Moi, je vois que c'est être perdant.
-Président, dans quelques jours, vous allez tenir une assemblée générale avec tous les travailleurs. Est-ce que c'est sur cette situation où pour autre chose ?
MOKOMBO Simon Franck : C'est sur la situation que nous traversons ! Regardez, nous les partenaires sociaux, nous avons pour objectifs de sauvegarder l'outil de travail et les emplois. Ça, c'est notre mission primordiale. Nous voyons dans tous les documents que j'ai mis à votre disposition, nos emplois sont menacés !
-Mais, nous sommes bien informés que le gouvernement nous rassure que vos emplois ne sont pas menacés ?
MOKOMBO Simon Franck : C'est la forme ! Et le fond ? Que je vous donne un exemple ? Hier, vous et moi, on nous a convaincu que Hydro Congo n'avait pas une bonne couverture nationale en distribution des hydrocarbures. Vrai ou faux ? Vrai ! Mais dès mon jeune âge, je me souviens qu'au plus fond de la Likouala, tu pouvais aller vers 17 à 18 heures, tu trouveras du pétrole lampant à la station vendu au même prix que Brazzaville ! On nous a fait croire que Hydro Congo avait une mauvaise prestation. Il faut céder le secteur à d'autres sociétés telles que Total, Puma, X-Oil, tel que tout ce que vous connaissez. Dites-moi, est-ce que toutes ces entreprises -là même si on les réunit, elles peuvent faire la moitié de ce que Hydro Congo faisait dans le temps ? Je le dis non, non , non ! Voilà pourquoi, nous ne voulons pas tomber dans ce schéma -là ! Il coûtait quoi au gouvernement pour investir à l'ONPT pour qu'ils aient des nouvelles technologies de pointe d'aujourd'hui, en téléphonie mobile ? On pouvait le faire et les gens pouvaient continuer à travailler ! Ça coûte quoi au gouvernement d'avoir une feuille de route bien dressée, qu'il doit donner au gestionnaire de E2C à suivre de près ! Si le gestionnaire n'atteint pas les objectifs, on le relève ! Est-ce que pour ça, quelq'un peut-être contre ça ? Nous disons qu'on nous donne, il y a des sachants dans la maison, des dirigeants, avec une feuille de route, des objectifs à atteindre. S'ils ne le font pas pendant la durée, on les relève et ça va marcher.
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-Président, le gouvernement déclare qu'il a beaucoup investi dans E2C et qu'il n'y a pas de résultats. Pour eux, E2C est un goulot d'étranglement où l'on met de l'argent, l'argent passe directement où l'on ne reconnaît pas la direction. Puisqu'il n'y pas de résultats malgré que les populations payent leurs factures ?
MOKOMBO Simon Franck : C'est très bien de dire cela que l'État congolais se prononce comme ça ! Il est où le contrôle ? C'est à l'État congolais de contrôler ! Je le dis encore, c'est à l'État congolais ! Où est la feuille de route ? Où est le contrat de performance ? Vous donnez à quelqu'un de l'argent, il n'y a pas un contrat de performance ! Il n'y a pas une feuille de route ! Mais comment, vous allez l'apprécier ? Comment ! Moi, je pense que l'État a une part de responsabilité et cela se résume par le laisser aller !
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-Quel est votre mot de la fin ?
MOKOMBO Simon : Mais, une chose est vraie, nous qui faisons partis du Collège Syndical, nous ne sommes qu'une courroie de transmission. Nous sommes entrain de jouer pleinement notre rôle et nous avons une forte pression et cette pression est palpable. Vous pouvez le sentir même dans la rue tel que vous avez vu. Nous sommes entrain de jouer notre rôle en toute honnêteté et avec un cœur serrain. Nous voulons que nos voix que sommes entrain de porter, que le gouvernement puisse entendre et qu'il puisse apporter une solution idoine à la situation actuelle qui prévaut au sein de E2C.
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