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Congo: Transparence dans la filière bois, entre discours officiels et réalités de terrain

par André LOUNDA 27 Août 2025, 07:56 Economie

 

Brazzaville, 26 août 2025 – L’atelier de formation sur l’intégrité, l’éthique et la transparence dans la chaîne d’approvisionnement du bois, qui s’est achevé ce mardi à l’hôtel Mickaël, a donné lieu à de belles déclarations… mais les interrogations demeurent. Organisé par la Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH) avec Transparency International Cameroun (TI-C), et soutenu par TRAFFIC International et la coopération norvégienne (NORAD), l’événement avait pour ambition de renforcer la légalité du commerce du bois congolais, particulièrement en direction de la Chine.

Une gouvernance forestière toujours sous tension

Au fil des débats, les participants ont dressé un constat sans complaisance : opacité persistante dans l’attribution des titres forestiers, pratiques illicites dans l’exportation, et faiblesse des mécanismes de traçabilité.
Autant de réalités connues de tous, mais rarement reconnues dans les discours officiels. Les représentants du secteur privé eux-mêmes ont souligné leurs difficultés à opérer dans un environnement marqué par la corruption, les passe-droits et l’instabilité réglementaire. Un aveu rare, qui illustre la fracture entre les normes affichées et les pratiques sur le terrain.

Des recommandations qui risquent de rester lettre morte ?

À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées : arrimer les lois nationales aux standards internationaux, renforcer la traçabilité et clarifier les politiques. Mais beaucoup s’interrogent : ces résolutions connaîtront-elles un début d’application ou rejoindront-elles la longue liste des rapports sans lendemain ?

Discours de clôture : la rhétorique du changement

Dans son intervention, Christian Mounzéo de la RPDH a dénoncé « l’absence d’une véritable culture d’intégrité » dans la gestion des ressources forestières, appelant à briser le cycle de complaisance.<< Je résumerais également, en un mot tout le travail que nous avons fait ensemble. Le mot, je le situerais et je l'appellerais besoin. Besoin une fois tout ce qu'on a fait, je pense qu'il apparaît un peu pour tout le monde en discutant les uns avec les autres ici, j'ai compris qu'un des objectifs de notre atelier c'était la mise en place d'un réseau. Mais pendant qu'on discute, l'idée est apparue, la question s'est posée qui va faire quoi ? Lorsqu'on pose cette question, c'est parce qu'on a besoin de continuer ensemble comme pour suivre le travail qui a été fait >>, a laissé entendre Christian MOUNZÉO. Pour terminer, il.a rappelé l'auditoire en ces termes que :   << J'ai considéré en conclusion que le mot besoin résumait les discussions de l'atelier: Besoin en termes de mise en place urgente d' un code de conduite, d'appropriation dudit code par ses usagers, de réseautage entre les parties prenantes pour soutenir le plaidoyer en faveur de l' intégrité, des  synergies d'action pour impliquer  dans la solution tous les acteurs intéressés, de la complémentarité entre acteurs pour garantir une action efficace, mais aussi et surtout de l idée de concevoir des codes de conduite, codes éthique qui s adaptent au contexte pour garantir leur applicabilité >>.

De son côté, Patrice Kamkuimo-Piam de TRAFFIC International a rappelé l’importance de « converger vers un commerce du bois légal et responsable », mais sans masquer la difficulté de changer des pratiques enracinées depuis des décennies.<< Le résumé de ce que nous avons dû faire pendant ces deux jours, il est également revenu sur les défis qui nous reste à réfléchir, comment pourrions-nous les relever. L'importance de cet atelier, c'était celle d'aborder une thématique qui semble être négligée dans les travaux quotidiens que nous faisons en matière de lutte contre l'exploitation forestière illégale et non durable qui sont des problématiques de déficit d'intégrité, des problématiques de transparence et même d'éthique qui interroge notre moralité en tant qu'agent d'application de la loi mais aussi, en tant qu'acteur de l'exploitation forestière, de commerce et du bois. Cette stratégie est tellement importante pour parvenir à ces défis -là, mais aussi de faire ensemble le diagnostic >>.

Enfin, au nom de la ministre de l’Économie forestière, Maixent Guillaume Tabaka a réaffirmé l’engagement du gouvernement à lutter contre les dérives du secteur. Un discours accueilli avec scepticisme par plusieurs participants, qui soulignent que les mêmes promesses sont répétées d’atelier en atelier, tandis que les exploitations illégales continuent de prospérer sous le regard complice de certains décideurs.
<< Nous voici arrivés au terme de cet atelier riche en échanges et en découvertes. Je tiens à remercier chacun d'entre vous pour votre participation active et votre contribution à nos discussions. Au cours de ces deux jours, nous avons abordé des sujets passionnants, partagé nos expériences et nos connaissances, travaillé ensemble pour trouver des solutions. Je suis fier de voir le travail accompli et les résultats obtenus. Cet atelier a été une véritable réussite. Ainsi donc, au nom de Madame la Ministre de l'économie forestière, je déclare clos les travaux de l'atelier de formation sur l'intégrité, l'éthique et la transparence à l'attention des acteurs de la chaîne d'approvisionnement du bois au Congo. Je vous remercie. >>.

Entre ambitions internationales et réalités locales

Cet atelier s’inscrit dans un projet financé par la coopération norvégienne, preuve que la pression internationale demeure le principal moteur de la transparence dans le secteur forestier congolais. Mais sur le terrain, la persistance des pratiques illicites démontre que la volonté politique reste fragile, et que le fossé entre discours et actions demeure béant.

 

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