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Brazzaville — Dimanche 28 décembre 2025. À l’ombre tutélaire du Kimoko Kinata de Bacongo, la Communauté spirituelle Ngunza-Matsouaniste a refermé l’année dans un souffle d’unité et de ferveur. Le MBUNDANI, ce culte d’ensemble qui marque la fin de chaque mois, a rassemblé des fidèles venus de tous les Bimoko de la capitale congolaise, comme on rejoint un même fleuve après des affluents multiples.
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Dans une atmosphère recueillie, presque suspendue, la parole sacrée s’est élevée, tirée du Kimoko, selon les enseignements de Mbuta Massengo Mbemba, Ngudi Nganga, le Léopard, guide spirituel de la communauté. Une parole dense, enracinée dans la sagesse kongo, où la tradition n’est jamais répétition, mais transmission vivante.
Quand la musique devient prière
Le MBUNDANI n’est pas seulement un temps d’écoute ; il est aussi un moment de vibration collective. Les mamas Zola, la chorale Kimpa Vita, ainsi que plusieurs groupes de jeunes ont porté la liturgie par des sonorités et des rythmes sacrés ngunza-matsouanistes, transformant l’assemblée en un corps chantant. Ici, la musique ne distrait pas : elle relie, elle élève, elle rappelle que le sacré se vit aussi par le souffle et le mouvement.
MFUMU MATSOUA, un rendez-vous avec l’Histoire
L’annonce phare de ce rassemblement a résonné comme un appel : la grande célébration de Mfumu Matsoua, prévue le 17 janvier 2026 à Pointe-Noire. Un rendez-vous majeur du calendrier spirituel ngunza-matsouaniste, auquel tous les fidèles sont conviés à prendre part.
Un cahier de participation est d’ores et déjà ouvert auprès de la direction chargée de l’organisation, signe que la foi, ici, s’accompagne d’une responsabilité collective.
Car Mfumu Matsoua n’est pas seulement une figure de mémoire. Il demeure, pour les fidèles, un messie nécessaire, un repère spirituel et historique, à la croisée de la dignité africaine, de la résistance morale et de la quête de lumière.
Les trois piliers : une sagesse pour aujourd’hui
Au cœur de l’enseignement livré ce dimanche, une parabole ancestrale a servi de clef de lecture : celle de la princesse orgueilleuse et du lépreux, rappelant que toute construction durable repose sur trois piliers.
« Le foyer où l’on cuit le canari est constitué de trois pierres », enseigne la sagesse kongo.
Dans la lecture qu’en propose Mbuta Massengo Mbemba, ces piliers dépassent le cadre du couple pour irriguer toute la vie humaine : l’intimité, l’engagement et la réciprocité. Être bien ensemble, vouloir le bien de l’autre, partager sans posséder — autant de fondements sans lesquels ni l’amour, ni la communauté, ni même la démocratie ne peuvent tenir.
Cette sagesse rejoint une conviction forte : le respect mutuel, sans exclusion, est la condition première de toute société juste.
« Ceux qui se connaissent ne portent pas une canne en travers », dit le proverbe. Autrement dit, la vraie connaissance de l’autre supprime les obstacles inutiles.
Enfants de la lumière
L’enseignement s’est achevé sur un rappel essentiel : les piliers de l’estime de soi — l’honnêteté, l’intégrité et la dévotion — sont indissociables de la Lumière, entendue comme vérité et état d’esprit permanent.
Prier ensemble, partager le même désir, veiller sur la famille humaine : telle est la mission confiée aux fidèles, appelés à rester éveillés là où le gardien du simple champ peut dormir.
En ce dernier dimanche de décembre, le MBUNDANI aura ainsi tenu sa promesse : resserrer les liens, éclairer les consciences et préparer les cœurs à l’échéance spirituelle de janvier. Une liturgie de la cohésion, dans un monde qui en manque cruellement.
Matondo !
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