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À l'ESGAE, l'art du détail comme boussole de l'excellence

par André LOUNDA 29 Décembre 2025, 16:40 Education

Brazzaville – ESGAE. Dans la salle Melon, baignée d’une atmosphère feutrée et studieuse, le temps semblait suspendu ce vendredi 26 décembre 2025. Autour d’un déjeuner de presse rare – le second en quinze ans –, le Professeur Roger Armand MAKANY, Directeur général de l’École Supérieure de Gestion et d’Administration des Entreprises (ESGAE), a convié les professionnels des médias à un triple rendez-vous avec l’excellence, la reconnaissance institutionnelle et la pensée managériale contemporaine.
Trois événements majeurs ont ainsi structuré cet échange : le classement international de l’ESGAE parmi les institutions de référence, sa reconnaissance par l’État congolais comme établissement d’utilité publique, et la présentation du nouvel ouvrage du Professeur MAKANY, Le Management par les détails, paru aux éditions Hemar.

Une école congolaise dans le concert des grandes institutions
Première annonce, et non des moindres : l’ESGAE s’est vu décerner le prestigieux label des « 3 Palmes d’Excellence » par le ranking international Eduniversal. Une distinction qui place l’établissement fondé en 1993 parmi les écoles visibles et crédibles sur la scène académique mondiale. « Porter le Congo dans les classements internationaux de l’éducation n’est pas un luxe, c’est une nécessité », a martelé le Professeur MAKANY, trophée à l’appui. Sans se comparer aux mastodontes que sont Harvard ou Oxford, l’ESGAE revendique une trajectoire ascendante, fondée sur la rigueur, la constance et la qualité.

Un statut d’utilité publique, symbole de maturité
Deuxième temps fort : la consécration institutionnelle. Par décret présidentiel du 25 juin 2025, l’ESGAE est devenue le premier établissement privé d’enseignement supérieur au Congo à obtenir le statut d’établissement reconnu d’utilité publique. Une reconnaissance qui l’aligne, en termes de crédibilité académique, avec les grandes universités publiques nationales.
Au-delà du symbole, ce décret consacre un modèle : celui d’une école privée capable de servir l’intérêt général par l’excellence pédagogique, la discipline organisationnelle et la formation de cadres compétents.

Quand le détail devient une philosophie de gestion
C’est cependant autour du troisième événement que la rencontre a pris une profondeur intellectuelle particulière : la présentation de l’ouvrage Le Management par les détails. Introduit par Marcel MBALOULA, Secrétaire général de l’ESGAE, le livre se présente comme une réponse lucide à un mal contemporain : la fascination pour les grandes stratégies au détriment des micro-dysfonctionnements.
Dans un monde où tout semble se jouer à l’échelle macro – politiques publiques, réformes structurelles, projets d’envergure –, Roger Armand MAKANY rappelle une vérité dérangeante : ce sont souvent les détails négligés qui provoquent les grands échecs.
Mains non lavées, doses médicales mal prescrites, recrutements approximatifs, trous invisibles sur les routes, détournements discrets de fonds publics : autant de “petits riens” qui, accumulés, finissent par ruiner des organisations entières. « Le diable se cache dans les détails », rappelle l’auteur, sans emphase inutile.

Ni micro-management, ni obsession : une gouvernance par l’attention
Structuré en six chapitres, l’ouvrage ne prône ni le contrôle excessif ni le micro-management. Il défend une philosophie de gestion fondée sur ce que l’auteur appelle le « déraillement positif » : une vigilance permanente qui empêche les petites défaillances de devenir des catastrophes systémiques.
Le détail devient alors un indicateur de santé organisationnelle, un levier de décision, un outil de gouvernance et même une clé de lecture des phénomènes sociaux, économiques et géopolitiques. À ce titre, l’auteur interroge jusqu’à la pertinence des journées internationales, chacune fondée sur un fait précis, un détail historique souvent oublié.

Un livre pour l’Afrique… et au-delà
À l’heure des crises multiples – économiques, politiques, sociales –, Le Management par les détails arrive à point nommé. Il questionne la culture du « globalement satisfaisant », qu’il juge dangereuse, notamment pour l’Afrique, encore trop souvent pénalisée par une gestion approximative des processus.
Le message est limpide : l’excellence ne se proclame pas, elle se construit, pas à pas, détail après détail. Un bon manager, insiste le Professeur MAKANY, ne se définit pas seulement par son savoir ou son savoir-faire, mais par un savoir-être fondamental : l’attention aux détails.

Une invitation à changer de regard
Destiné aux managers, décideurs publics, enseignants-chercheurs, étudiants, consultants et journalistes, cet ouvrage se veut moins un manuel qu’un appel à la lucidité et à la responsabilité. « Si le manager ne s’occupe pas des détails, ce sont les détails qui s’occuperont de lui », avertit l’auteur. Une formule qui a résonné longtemps après la fin du déjeuner, tandis que chaque journaliste repartait, livre en main, avec le sentiment d’avoir assisté non seulement à une présentation d’ouvrage, mais à une leçon de gouvernance.

 

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