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Planification du développement : à Brazzaville, les Nations-Unies et le Congo affûtent leurs outils pour le cycle 2027-2031

par André LOUNDA 27 Janvier 2026, 17:56 Economie

Brazzaville — À l’heure où s’achève le cycle actuel de coopération 2021-2026, le système des Nations Unies au Congo engage déjà la réflexion sur l’avenir. Du 27 au 28 janvier 2026, un atelier de renforcement des capacités consacré à la gestion axée sur les résultats (RBM), à l’élaboration du Cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable (UNSDCF) et à l’intégration des principes normatifs directeurs s’est ouvert à Brazzaville, marquant une étape clé dans la préparation du cycle 2027-2031.

La cérémonie d’ouverture officielle a été présidée par Ludovic Ngatsé, ministre du Plan, de l’Économie et de l’Intégration régionale, en présence d’Abdourahamane Diallo, coordonnateur résident du Système des Nations Unies au Congo, ainsi que de hauts responsables gouvernementaux, d’agences onusiennes et d’experts du développement.

Un cadre stratégique au cœur de la réforme onusienne
Organisé par le Bureau du Coordonnateur Résident (RCO), l’atelier s’inscrit dans le prolongement de la réforme du système des Nations Unies pour le développement, telle que consacrée par la résolution A/RES/72/279 de l’Assemblée générale. Désormais, l’UNSDCF constitue l’outil unique de programmation et de mise en œuvre des interventions onusiennes au niveau national, avec pour boussole l’Agenda 2030 et les priorités définies par les États. « La qualité du prochain Cadre de coopération dépendra de notre capacité collective à bien le concevoir », a souligné le ministre Ludovic Ngatsé dans son discours d’ouverture. Insistant sur la fin du cycle actuel, il a appelé à capitaliser sur les acquis, à tirer les leçons des insuffisances et à répondre aux nouveaux défis dans un environnement économique et social en mutation.

La gestion axée sur les résultats, au-delà de l’outil
Au cœur des travaux : la gestion axée sur les résultats, présentée non comme une simple méthodologie, mais comme une véritable culture de gouvernance publique. Transparence, redevabilité, efficacité et impact mesurable constituent les piliers de cette approche, appelée à structurer l’ensemble du futur cadre de coopération.
Les participants sont ainsi invités à approfondir : la mise en place d’un système de redevabilité conjointe au sein de l’équipe pays des Nations Unies ;
l’appropriation de la théorie du changement, articulée à une chaîne de résultats claire et cohérente ;
la définition de résultats transformateurs et d’indicateurs de performance pertinents ; la planification des cadres de résultats conjoints (JWP) et le reporting via la plateforme UN Info.

Ne laisser personne de côté
Une attention particulière est accordée à l’intégration transversale des principes normatifs directeurs du système onusien : Ne laisser personne de côté (LNOB), Approche basée sur les droits de l’homme (HRBA), Égalité de genre et autonomisation des femmes (GEWE), mais aussi résilience, durabilité et redevabilité. Autant de repères destinés à irriguer chaque étape du processus, du diagnostic à l’évaluation.
Animé par des experts du Développement Coordination Office (DCO) et des consultants spécialisés, l’atelier vise également à harmoniser les standards de qualité exigés par les Nations Unies et à renforcer les compétences du personnel onusien, des groupes thématiques et des acteurs clés du suivi-évaluation.

Un processus de co-construction
Pour le ministre du Plan, cette rencontre marque surtout « le point de départ d’un processus plus large de co-construction » entre le gouvernement congolais et le système des Nations Unies, à un moment où se dessinent également les documents nationaux de planification post-2026. L’enjeu : assurer une articulation cohérente entre priorités nationales et engagements internationaux, tout en rendant plus lisibles les appuis des partenaires au développement.
Appelant les participants à la rigueur, à l’assiduité et à l’appropriation des outils proposés, Ludovic Ngatsé a réaffirmé l’importance stratégique de cet atelier « pour l’efficacité de la coopération avec les Nations Unies et, au-delà, pour le bien-être des populations congolaises ».
Sur ces mots, il a déclaré ouverts les travaux d’un atelier qui, au-delà de la technique, ambitionne de jeter les bases d’un développement plus équitable, inclusif et mesurable pour le Congo à l’horizon 2031.

Au seuil d’un nouveau cycle, l’ONU appelle à une action collective plus efficace au Congo
À l’approche de la fin du cycle actuel de coopération, le Système des Nations unies au Congo engage une phase charnière de réflexion et de projection. Réunis à l’occasion d’un atelier stratégique de renforcement des capacités, acteurs gouvernementaux, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile et agences onusiennes ont été invités à poser les bases du prochain Cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable (UNSDCF 2027-2031).
Dans son discours de circonstance, Avdourahamane Diallo, Coordonnateur résident du Système des Nations unies au Congo, a rappelé l’enjeu du moment : « Nous nous réunissons à un tournant décisif. D’un côté, l’UNDAF 2020-2026 arrive à son terme ; de l’autre, nous devons engager, de manière structurée, les travaux préparatoires du nouveau cadre de coopération qui guidera notre action collective pour les cinq prochaines années. »
Un passage de relais qui intervient dans un contexte mondial contraint, marqué par des tensions économiques persistantes et des marges de manœuvre financières de plus en plus réduites. « Nous allons devoir faire davantage, mieux, et avec peu de moyens », a insisté M. Diallo, soulignant la nécessité d’une efficacité accrue pour maintenir le cap des Objectifs de développement durable (ODD).

De la planification à l’impact mesurable
L’atelier vise un double objectif. Il s’agit, d’une part, de préparer la Revue annuelle 2025 du Cadre de coopération UNDAF 2020-2026, conçue comme un moment de redevabilité, mais aussi d’apprentissage collectif. D’autre part, il entend jeter les bases méthodologiques du futur UNSDCF 2027-2031, afin que sa formulation repose sur des choix stratégiques solides et partagés. « Il ne s’agit pas seulement d’un exercice technique », a précisé le Coordonnateur résident. « Cet atelier doit nous mettre en capacité d’agir. Agir ensemble, de manière cohérente, intégrée et redevable. »
Depuis la résolution A/RES/72/279 de l’Assemblée générale des Nations unies, la réforme du système onusien appelle en effet à un changement de paradigme : dépasser la juxtaposition des interventions pour construire une véritable Équipe pays, capable de planifier, mettre en œuvre et rendre compte collectivement des résultats obtenus.


Une exigence de cohérence et de redevabilité
Au cœur des travaux figurent des questions structurantes : comment bâtir des chaînes de résultats cohérentes, logiques et mesurables ? Comment intégrer pleinement les principes directeurs que sont le Leave No One Behind (LNOB), l’approche fondée sur les droits humains (HRBA) et l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes (GEWE), tout en renforçant la résilience et la durabilité des interventions ? Comment, enfin, adopter une approche commune dans l’utilisation d’outils de suivi et de reporting tels que la plateforme UN Info ?
Autant de choix méthodologiques qui, loin d’être abstraits, « déterminent si notre action produit un impact réel, tangible, mesurable et durable », a souligné M. Diallo.


“Ne laisser personne de côté”, un impératif éthique
Dans un pays confronté à des vulnérabilités multiples, le principe du « Ne laisser personne de côté » s’impose comme le fil conducteur du futur cadre de coopération. « Ce n’est pas un slogan », a martelé le Coordonnateur résident. « C’est un impératif éthique et une responsabilité partagée. »
À l’heure où s’esquisse le prochain cycle de coopération, l’atelier apparaît ainsi comme un moment clé pour aligner ambitions, méthodes et responsabilités. Un préalable indispensable pour que, malgré les contraintes, l’action collective des Nations unies et de leurs partenaires au Congo gagne en efficacité et en crédibilité au service des populations les plus vulnérables.

 

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