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Présidentielle Centrafricaine : à Brazzaville, la diaspora au révélateur de la maturité électorale

par André LOUNDA 29 Décembre 2025, 10:20 International

Brazzaville, 28 décembre 2025. À l’ambassade de la République centrafricaine au Congo, le scrutin présidentiel de ce dimanche n’a pas seulement valeur de consultation électorale. Il constitue aussi un test de crédibilité institutionnelle, à l’heure où la Centrafrique inaugure une nouvelle séquence politique sous la Constitution de la VIIᵉ République.

Ouverts à 8 heures et clos à 17 h 30, les trois bureaux de vote ont fonctionné sans interruption notable. Le dépouillement, conduit dans la foulée, s’est déroulé sous l’œil attentif de Son Excellence Marie-Madeleine Hoornaert Nkouet, ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République centrafricaine au Congo, des observateurs nationaux et internationaux, des représentants des partis politiques et des médias. Une configuration révélatrice de la volonté des autorités électorales de placer le processus sous le sceau de la transparence procédurale.

Sur le plan institutionnel, l’Autorité nationale des élections (ANE) a appliqué avec rigueur le protocole électoral : dépouillement public, compilation méthodique des résultats et transmission à Bangui, seule instance habilitée à en assurer la proclamation officielle. Un déroulé sans heurts qui tranche avec les cycles électoraux antérieurs, souvent marqués par des tensions et des suspicions.

Pour Bruno Nodjitouloum, premier conseiller à l’ambassade de la République centrafricaine au Congo, cette présidentielle revêt une portée particulière. « Nous vivons la fin d’un cycle électoral quinquennal. Avec la VIIᵉ République, le mandat présidentiel passe désormais à sept ans. C’est une rupture institutionnelle majeure », rappelle-t-il, soulignant le caractère charnière du scrutin.

La mobilisation de la diaspora centrafricaine à Brazzaville, bien que perfectible, traduit selon lui une appropriation progressive du fait démocratique. L’abstention observée, loin d’être niée, est analysée comme le produit d’un choix individuel, mais aussi d’un climat informationnel parfois brouillé par des rumeurs anxiogènes.
« On ne peut contraindre les citoyens à voter. Mais tous les acteurs politiques étaient présents, ont observé et validé les opérations », insiste le diplomate, récusant par avance toute velléité de contestation.

Du côté des partis, le discours converge vers la reconnaissance du processus. Kouendjo Guy Aimé, représentant du MCU, formation du président sortant Faustin Archange Touadéra, évoque un scrutin « sans incident », rappelant que l’ensemble des mandataires a participé au dépouillement et signé les procès-verbaux. « La légitimité des résultats repose sur la participation de tous aux différentes étapes. Nous avons été témoins et acteurs », affirme-t-il.

Au-delà des chiffres à venir, le scrutin de Brazzaville illustre un enjeu plus large : la place stratégique de la diaspora dans la consolidation démocratique centrafricaine. Loin d’être un simple appendice électoral, elle agit comme un baromètre de crédibilité, observant, comparant et relayant les pratiques électorales à l’international.
Dans un contexte régional encore fragile, cette séquence électorale à l’étranger offre ainsi l’image d’un État soucieux de normalisation démocratique et de continuité institutionnelle. Reste désormais à l’ANE la tâche décisive de la proclamation officielle des résultats, ultime étape attendue pour clore ce chapitre électoral et ouvrir celui, plus exigeant encore, de la gouvernance.

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