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Brazzaville – Pendant trois jours, le Ministère de la Santé et de la Population s’est livré à un exercice aussi technique que politique : la revue des Plans de Travail Annuels Budgétisés (PTBA) 2025 et la planification stratégique des actions pour 2026. Huit sessions, des dizaines de présentations, des partenaires internationaux mobilisés, et une ambition affichée : remettre le système de santé congolais sur des rails plus solides, plus équitables et plus performants.
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Un diagnostic sans complaisance
Dès les présentations liminaires, le ton a été donné. Alignés sur le PNDS 2023-2026, le Budget Programme 2026 et la stratégie de coopération OMS 2025-2028, les travaux ont permis une lecture lucide de la performance du secteur en 2025. Inspection Générale de la Santé, directions administratives, partenaires techniques et financiers : chacun a contribué à un état des lieux exhaustif.
Les débats ont rapidement mis en lumière des failles structurelles persistantes : absence ou obsolescence du Code de santé publique, faiblesse du cadre législatif, couverture insuffisante des soins, déficit criant de pharmacies et de laboratoires, et surtout inexistence d’une industrie pharmaceutique nationale, pourtant considérée comme un pilier stratégique de souveraineté sanitaire.
Médicaments, données, ressources humaines : les nœuds du système
Les évaluations des directions générales et départementales des soins et services de santé ont soulevé des préoccupations concrètes : l’approvisionnement en médicaments hors du circuit officiel de la CAMEPS,
la sous-estimation des données de surveillance épidémiologique, notamment pour l’hypertension et le diabète,
la gestion encore perfectible du DHIS2, tant sur le plan qualitatif que logistique,
et la nécessité d’intégrer les data managers des districts sanitaires dans les futurs recrutements de la fonction publique.
Le projet KOBIKISA, salué pour ses apports matériels et logistiques, reste confronté à des défis de déploiement et d’appropriation sur le terrain.
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Population, territoires et équité : l’angle mort à corriger
Du côté des directions de la population, les échanges ont insisté sur la prise en charge des peuples autochtones, la faiblesse des ressources humaines, l’insuffisance des infirmeries scolaires et la nécessité d’une meilleure connaissance des dynamiques démographiques. La mutualisation des moyens entre services de santé et directions de la population apparaît désormais comme une condition incontournable de l’efficience publique.
Hôpitaux généraux : le maillon fragile
Les hôpitaux généraux ont cristallisé une large part des inquiétudes : manque d’équipements pour l’utilisation du DHIS2, approvisionnement incertain en médicaments et consommables, absence de subvention étatique pérenne, et indicateurs préoccupants de mortalité maternelle et infantile. D’où l’appel unanime à réinstaurer la conférence nationale des hôpitaux généraux, véritable forum de coordination et de réforme.
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Des recommandations claires pour 2026
Au terme des travaux, les participants ont formulé une série de recommandations structurantes : renforcer les districts sanitaires comme socle du système, rendre pleinement opérationnel le système de référence et de contre-référence, digitaliser les services, réhabiliter les infrastructures hospitalières, diversifier les sources de financement, repenser le mode de financement des établissements de santé,
et investir massivement dans les plateaux techniques et les compétences humaines.
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La vision du ministre : la santé comme droit et souveraineté
Clôturant les assises sous le regard attentif de l’OMS et de l’UNICEF, le Pr Jean Rosaire Ibara, ministre de la Santé et de la Population, a livré une allocution à forte portée politique :
« La santé d’une nation est le reflet de sa force, de son humanité et de son potentiel d’avenir. L’accès aux soins n’est pas un privilège, mais un droit fondamental et un pilier de notre souveraineté nationale. »
Reconnaissant les progrès accomplis en 2025, le ministre n’a pas éludé les défis persistants : gouvernance, équité territoriale, qualité des ressources humaines et financières. L’année 2026 devra marquer un tournant, avec un accent mis sur les soins de santé primaires, la disponibilité des médicaments essentiels et un système d’information sanitaire fiable.
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Une promesse attendue
L’objectif est clair : offrir à chaque Congolais, de Brazzaville aux localités les plus reculées, des soins accessibles, de qualité et empreints d’humanisme. Reste désormais à transformer les recommandations en actes. Car, comme souvent en matière de santé publique, le véritable examen commence après l’atelier.
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