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À Brazzaville, l'Académie des Sciences et des Arts bouscule les lois de l'univers

par André LOUNDA 15 Février 2026, 16:39 Sciences et Innovations Technologiques

Vendredi 13 février 2026, dans la salle de conférence de l’Académie des sciences et des arts du Congo, la science s’est voulue insoumise. Au cœur des débats : l’« ACTOL », un minerai présenté comme de l’énergie solaire liquéfiée, et une thèse radicale — la Terre ne tournerait pas. Il fallait sans doute un vendredi 13 pour convoquer l’audace. Devant un parterre d’enseignants-chercheurs, d’étudiants et de curieux, le Dr Maurice Itous Ibara, colonel, directeur général de l’ASAC et inventeur autoproclamé de la « physique à magnons », a déroulé une vision cosmique qui entend réécrire les fondements de la science contemporaine.

La Journée scientifique et technique s’est ouverte par le mot de circonstance du président du comité d’organisation, M. Makouala, secrétaire perpétuel de l’Académie, appelant à « produire la science et non la consommer ». Le ton était donné : il serait question de rupture.
ACTOL, « cerveau de l’univers »
Au centre de la conférence, un nom : ACTOL. Selon son inventeur, il ne s’agit pas seulement d’un nouveau minerai, mais d’un « élément renouvelable de tout ce qui vit sur Terre ». Décrit comme de « l’énergie solaire liquéfiée », ACTOL serait à la fois cerveau du soleil, cerveau de l’univers et symbole du cerveau humain — une matrice énergétique universelle.

Le Dr Itous Ibara a présenté un « nouveau tableau des éléments chimiques renouvelables » intégrant mines, végétaux et règnes animaux dans une même architecture énergétique. Dans cette vision, la frontière entre matière vivante et matière inerte repose sur l’existence d’une couche supplémentaire : le Nombre (N), entité vitale entourant les atomes du vivant.
Son équation fondatrice — Magn = N m C² — revisite la célèbre relation d’Albert Einstein pour lui adjoindre le « magnétisme vital », présenté comme clé des énergies renouvelables de demain.

La Terre immobile, les hélices en mouvement
Moment fort de la conférence : la remise en cause du mouvement terrestre. « La Terre ne tourne pas », affirme le chercheur, réfutant l’héritage de Galileo Galilei. À l’en croire, ce sont les « hélices » — les couches successives du Nombre — qui tournent autour d’une Terre fixe, comparable à un gigantesque ventilateur immobile dont seules les pales seraient en rotation.
Ces couches — oxygène, carbone, calcium, fer, magnésium — s’étendraient jusqu’à 200 millions de kilomètres d’altitude. Leur vitesse, affirme-t-il, aurait évolué au fil des cycles de 25 000 ans, atteignant aujourd’hui 500 000 km/s. Le vide spatial ne serait qu’une illusion produite par ce mouvement extrême.
Dans cette cosmologie, le changement climatique s’expliquerait par la « mort » de 85 % des hélices solaires de l’univers. La solution ? Fabriquer des gisements renouvelables — pétroles, gaz, plantes — capables de restaurer les Nombres blessés et de ramener la température mondiale à zéro degré Celsius.

Planter le soleil
ACTOL serait la clé de cette régénération. Le chercheur affirme pouvoir « planter le soleil », sous forme de pétrole solaire, de mines solaires ou de plantes solaires. Il évoque des « pétroles renouvelables » cultivés en deux cents jours, à rebours des millions d’années nécessaires à la formation des énergies fossiles.
L’électricité classique, jugée partiellement polluante, devrait être complétée par le magnétisme vital pour devenir pleinement renouvelable. À l’issue des échanges, la symbolique « plantation » de gisements de moellon et d’uranium renouvelables a scellé cette ambition de réconciliation entre industrie extractive et cycle du vivant.

Science régénératrice et appel à la jeunesse
Au-delà des équations, le discours se veut manifeste. Le Dr Itous Ibara plaide pour une « science de la création », capable de régénérer organes humains et écosystèmes. Il déplore des laboratoires scolaires réduits à de simples paillasses sans eau courante et appelle la jeunesse congolaise à délaisser l’attrait exclusif de la politique pour investir le champ scientifique.
Il affirme avoir récemment exposé ses travaux au président Denis Sassou Nguesso, évoquant des gisements pétroliers expérimentaux à Talangaï et la nécessité d’un accompagnement institutionnel. « Un seul doigt ne peut pas laver la figure », martèle-t-il, invitant universités et gouvernement à unir leurs forces.

Entre vision et controverse
L’ACTOL ne figure dans aucune littérature scientifique internationale à ce jour. Les thèses exposées — immobilité de la Terre, révision de la relativité, cosmologie des Nombres — s’écartent des consensus établis en astrophysique et en chimie.
Mais dans l’amphithéâtre de l’ASAC, l’enjeu dépasse la validation académique : il s’agit d’affirmer une souveraineté intellectuelle. Revendiquer le droit d’imaginer d’autres paradigmes. « Nous devons mettre à jour l’univers », conclut le conférencier.

À Brazzaville, le débat est lancé. Entre révolution scientifique annoncée et nécessaire confrontation aux méthodes éprouvées de la recherche internationale, l’ACTOL pose une question plus vaste : comment produire, depuis l’Afrique, une science ambitieuse sans rompre avec l’exigence de preuve qui fonde toute connaissance ?

 

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