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Quand la craie rencontre les gravats : naufrage scolaire à Madingou
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C’est une histoire à dormir debout. Ou plutôt à ne plus dormir du tout — surtout quand on est parent d’élève à Madingou, chef-lieu du département de la Bouenza.
Dans la nuit, une pluie un peu trop décidée a fait ce que des années de réunions, de promesses et de communiqués n’ont jamais osé accomplir : elle a mis l’école à terre. Littéralement. L’école primaire de Madingou Gare s’est effondrée, comme un château de cartes administratives, emportant avec elle un symbole déjà bien fissuré — celui de l’école publique abandonnée aux intempéries… et au reste.
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Quand la pluie fait le contrôle technique
Il aura suffi d’une forte averse nocturne pour révéler ce que tout le monde savait déjà : les murs tenaient plus par habitude que par solidité. À Madingou Gare, les élèves étudient dans des bâtiments qui semblent avoir été conçus pour tester la foi plutôt que pour transmettre le savoir. Les enfants, ces “cadres de demain” dont raffolent les discours officiels, révisent leurs leçons sous des plafonds qui révisent, eux, les lois de la gravité. Quant au bureau du directeur, il mériterait une mention spéciale au patrimoine des occasions perdues : mobilier fatigué, murs défraîchis, allure provisoire devenue permanente. On y cherche l’école républicaine ; on y trouve le bricolage institutionnalisé.
Chef-lieu… mais queue de peloton
Le plus savoureux — si l’on ose dire — c’est que Madingou n’est pas un village oublié au bout d’une piste rouge. C’est un chef-lieu. C’est même là que siège l’administration départementale de l’enseignement. Oui, vous avez bien lu : la direction est à deux pas des ruines.
On imagine les dossiers soigneusement empilés, les rapports bien reliés, les statistiques rassurantes. Pendant ce temps, à quelques rues de là, les salles de classe se transforment en souvenirs.
Comment expliquer qu’au cœur même du département, les infrastructures scolaires donnent l’impression d’avoir raté le dernier train du développement ? Faut-il qu’un orage obtienne plus de résultats qu’un budget voté ?
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Le ciel accuse, la terre attend
Les parents, eux, ne réclament pas la lune. Ils demandent des murs qui tiennent debout. Des toits qui protègent. Des salles où l’on apprend sans surveiller les fissures. Une école, en somme.
L’appel est lancé au ministre de l’Enseignement, Jean Luc Mouthou : que les pluies cessent d’être les seuls inspecteurs efficaces du système scolaire.
Et que cette mésaventure trouve écho dans la vision proclamée par le chef de l’État, Denis Sassou Nguesso, pour qui l’amélioration des conditions d’apprentissage serait, dit-on, une priorité.
Car à Madingou, ce ne sont pas seulement des briques qui se sont effondrées. C’est une promesse.
Une promesse faite aux enfants de la Bouenza.
Une promesse faite à l’avenir.
Et l’avenir, lui, n’aime pas les fondations fragiles.
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