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Il y a des dates qui comptent. Le 27 février 2026, sur le quai de la gare centrale de Brazzaville, un signal fort a été donné : celui du renouveau du Chemin de fer Congo-Océan. Sous l’impulsion du Président Denis Sassou Nguesso, le chantier de réhabilitation et de modernisation de cette artère stratégique est officiellement lancé. Plus qu’un coup d’envoi symbolique, c’est un acte politique assumé : replacer le rail au cœur de la souveraineté économique nationale.
Longtemps épine dorsale du pays, lien vital entre l’hinterland et la côte, le CFCO avait vu son rôle s’éroder au fil des années et des crises. En ce matin solennel, l’État affiche sa détermination : tourner la page de l’instabilité et engager une refondation en profondeur.
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Un outil stratégique au service de la nation
Dans son adresse, le préfet du département de Brazzaville, Gilbert Mouanda-Mouanda, a rappelé l’attachement des populations de Brazzaville, du Pool, de la Bouenza, du Niari, du Kouilou et de Pointe-Noire à cette infrastructure qui irrigue l’économie locale. Le rail, a-t-il souligné, demeure l’outil le plus performant pour le transport massif de marchandises lourdes.
Évoquant les années de conflits qui ont meurtri le pays et fragilisé le réseau, il a lancé un message sans ambiguïté : « Plus jamais ça. » Un appel à sanctuariser les infrastructures économiques, socle du développement collectif.
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Une reconstruction intégrale de la voie
Aux manettes techniques, le ministre d’État, ministre des Grands Travaux, Jean-Jacques Bouya, a détaillé l’ampleur du programme. Un accord structurant a été conclu avec le consortium chinois Hunan Construction Investment Group pour financer et conduire la modernisation du réseau.
Le diagnostic est clair : il ne s’agit pas de rafistoler, mais de reconstruire.
Au programme : Remplacement intégral des rails de la voie principale; Substitution des traverses en bois par des traverses en béton; Renforcement du ballast; Réhabilitation des ouvrages d’art et du tunnel long; Une remise à niveau complète destinée à restaurer robustesse, sécurité et compétitivité sur les 512 kilomètres de ligne.
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Gares modernisées, logistique renforcée
La modernisation ne s’arrête pas à la voie. Les gares de Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Madingou, Bouansa, Loutété, Mindouli et Brazzaville seront réaménagées, avec conservation du cachet architectural lorsque cela est possible et création de galeries marchandes.
Les infrastructures techniques suivront : dépôts reconstruits, ateliers équipés, postes d’entretien modernisés. Des draisines et des matériels de manutention viendront compléter le dispositif, tandis qu’un poste dédié à la maintenance des locomotives et des voitures voyageurs sera construit.
L’objectif est limpide : faire du CFCO un réseau intégré et performant, capable d’absorber la montée en puissance des flux de marchandises entre le Port autonome de Pointe-Noire et la capitale.
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Virage technologique et sécurité accrue
Le projet intègre une modernisation numérique d’envergure : Systèmes de communication sans fil et fibre optique; Liaison permanente entre locomotives et gares; Signalisation lumineuse numérique; Moteurs d’aiguilles, compteurs d’essieux et système centralisé de gestion du trafic.
Ce saut technologique vise une régulation optimisée du trafic et un renforcement substantiel de la sécurité ferroviaire.
Nouveau matériel, nouvelles compétences
Le renouveau passe aussi par le matériel roulant :
10 locomotives de ligne; 4 trains voyageurs nouvelle génération; 100 wagons, dont 40 porte-conteneurs et 40 dédiés au transport de grumes; Stocks stratégiques de pièces de rechange.
En parallèle, les équipes techniques bénéficieront de formations spécialisées pour maîtriser ces nouveaux équipements. Moderniser, oui — mais avec des compétences locales consolidées.
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Une vision à quatre ans… et bien au-delà
Prévu sur quatre ans, le chantier ambitionne bien plus qu’une simple remise à niveau. Inauguré le 10 juillet 1934, le CFCO relie depuis près d’un siècle Brazzaville à Pointe-Noire, ouvrant le pays sur l’Atlantique. Aujourd’hui, l’enjeu est de transformer cette ligne historique en levier de croissance durable.
Au-delà des rails et des locomotives, c’est une certaine idée du développement qui s’affirme : intégration territoriale, souveraineté logistique, unité nationale.
Le CFCO n’est plus seulement un souvenir d’ingénierie coloniale ou un vestige industriel. Il redevient un pari d’avenir.
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