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À Brazzaville, il est des silences qui pèsent plus lourd que les discours. Et des réveils qui, lorsqu’ils surviennent, portent en eux la promesse d’un basculement. Ce dimanche 29 mars 2026, sur les terres d’Inzoulou, l’histoire s’est peut-être remise en marche.
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À l’initiative de l’honorable Ninon Gouamba, les Tékés originaires de Mfoa ont tenu des assises inédites, à mi-chemin entre rite de mémoire et acte fondateur. Dans une atmosphère empreinte de gravité et de solennité, notables, sages et représentants des traditions ont répondu à l’appel, comme convoqués par une urgence silencieuse : celle de se retrouver pour mieux se réinventer.
Car le constat, lui, ne souffre d’aucune complaisance. Longtemps perçue comme une communauté en retrait, fragmentée, parfois inaudible, la composante téké de la capitale congolaise semble aujourd’hui décidée à rompre avec l’image d’un effacement progressif. « Jour de rassemblement, jour de réflexion, mais surtout jour de réveil », martèle Ninon Gouamba, dans une adresse qui sonne comme un manifeste.
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Derrière les mots, une ambition : restaurer une unité fissurée et redonner à cette communauté, historiquement influente dans la structuration de Mfoa, une voix claire dans le concert national. En invoquant les figures tutélaires et l’héritage des anciens, l’élu convoque une mémoire exigeante, presque impérieuse : celle d’un peuple bâtisseur de paix et artisan de cohésion sociale.
Le ton est donné, sans détour ni faux-semblants : « Levons-nous dans la dignité. Organisons-nous dans la responsabilité. Rassemblons-nous dans l’unité. »
Point ici d’appel à la confrontation. Bien au contraire. L’heure est à l’organisation, à la discipline collective et à la reconquête d’une place jugée légitime dans les dynamiques contemporaines. Une ligne assumée qui s’inscrit, en filigrane, dans l’appel plus large à l’engagement national, en écho à la gouvernance du président Denis Sassou Nguesso.
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Mais au-delà des formules et des intentions, c’est peut-être dans la symbolique que réside l’essentiel. Ces assises ne sont pas qu’un rassemblement : elles traduisent une volonté de rupture. Rupture avec l’inertie, avec la dispersion, avec le silence.
« Le moment est venu, non pas de faire du bruit, mais de faire bloc. »
La phrase claque, dense, presque programmatique. Elle dit tout d’un tournant qui se veut lucide et structuré, loin des élans éphémères.
Reste une interrogation, suspendue comme une promesse fragile : ce réveil sera-t-il suivi d’effets durables ? Ou ne sera-t-il qu’un sursaut de plus dans le tumulte des ambitions collectives ?
À Brazzaville, en ce dimanche de mars, une chose est certaine : les Tékés ont décidé de ne plus se taire. Et parfois, l’histoire commence ainsi.
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