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CNEF -Congo : l'économie sort de l'ombre et vise les sommets

par André LOUNDA 28 Mars 2026, 10:39 Economie

À Brazzaville, sous les lambris feutrés de la banque centrale, le Congo esquisse un retour en grâce économique. Derrière les chiffres, une ambition : transformer l’embellie pétrolière en véritable renaissance structurelle. Dans la chaleur moite de Brazzaville, au siège de la Banque des États de l'Afrique centrale, le ton était à la fois grave et résolument tourné vers l’avenir. Réunis pour la première session trimestrielle du Comité national économique et financier (CNEF), les grands argentiers de l’État congolais ont posé un diagnostic lucide… et affiché une ambition assumée.


À la manœuvre, Christian Yoka, ministre des Finances, a déroulé une feuille de route où la prudence le dispute à l’optimisme. Car derrière les équilibres fragiles d’une économie encore dépendante des hydrocarbures, se dessine un scénario de rebond.

📊 2025 : le temps de la consolidation
L’année écoulée aura été celle d’un redressement discret mais réel. Avec une croissance établie à 3,8 %, le Congo confirme sa sortie progressive des turbulences. L’inflation, contenue à 2,7 %, reste sous le seuil de vigilance fixé par la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale — un signal rassurant dans un contexte mondial incertain.
Plus significatif encore : le retour de la confiance. Les crédits au secteur privé ont bondi de 23 %, atteignant plus de 1 300 milliards de FCFA. Dans le même temps, les créances douteuses reculent nettement. Une amélioration technique, certes, mais révélatrice d’un tissu économique qui respire à nouveau.

🚀 2026 : l’année de l’accélération ?
C’est désormais vers 2026 que tous les regards convergent. Le chiffre claque comme une promesse : 5,3 % de croissance attendue. Une projection ambitieuse, portée par trois moteurs clairement identifiés.
D’abord, le pétrole — toujours lui. Sous l’impulsion du ministre des Hydrocarbures, Bruno Jean-Richard Itoua, la production devrait repartir à la hausse. Ensuite, le gaz naturel liquéfié (GNL), nouvel eldorado énergétique, appelé à diversifier les recettes.
Enfin, et surtout, les réformes. Car au-delà de la rente, le Congo veut changer de logiciel. Modernisation du cadre économique, meilleure gouvernance financière, stimulation du secteur privé : le cap est tracé.

⚖️ Entre espoir et vigilance
Autour de la table, aux côtés de Ludovic Ngatsé et du gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, les régulateurs régionaux — de la COBAC à la COSUMAF, jusqu’à la BVMAC — n’ont pas manqué de rappeler une vérité simple : la croissance ne vaut que si elle s’inscrit dans la durée.
Car le défi reste immense. Dépendance aux matières premières, vulnérabilité aux chocs extérieurs, lente diversification : autant d’écueils que le pays devra surmonter pour transformer l’essai.
En filigrane, une question : le Congo peut-il convertir cette reprise en véritable décollage économique ?
Les chiffres, eux, esquissent une trajectoire. Reste à savoir si la volonté politique et la rigueur des réformes sauront lui donner l’élan nécessaire.

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