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Dans les salons feutrés de l’hôtel Radisson Blu Mbamou Palace, à Brazzaville, s’est joué, mardi 24 mars, un débat crucial pour l’avenir économique du Congo. Autour du thème « Gouvernance des entreprises d’État : performance, transparence et contribution au développement national », le deuxième déjeuner du cercle des Cadres Responsables pour l’Action Citoyenne (CRAC) a rassemblé décideurs, experts et dirigeants dans une atmosphère studieuse, presque solennelle.
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Sous la houlette de Luc Missidimbazi, ce think tank s’impose peu à peu comme un laboratoire d’idées au service d’un État en quête d’efficacité. « Une dynamique est enclenchée », a-t-il affirmé en ouverture, évoquant les jalons posés depuis juillet dernier pour moderniser l’appareil public et l’aligner sur les ambitions nationales.
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Une économie à réinventer
Au fil des échanges, un constat s’impose : le modèle économique congolais doit se réinventer. Sortir de la dépendance à la rente, promouvoir une agriculture productive, accélérer l’industrialisation locale, structurer le tourisme — autant de pistes déjà évoquées lors des précédentes rencontres et réaffirmées ici avec insistance.
Mais au cœur des discussions, une exigence domine : la rigueur financière. Sans stabilité budgétaire ni mobilisation efficace des ressources publiques, aucune transformation durable ne saurait voir le jour. La création d’un fonds souverain, la digitalisation des circuits financiers ou encore la modernisation des comptes du Trésor figurent parmi les priorités avancées.
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Les entreprises publiques, pivot stratégique
Animé par Bernard Gazo, le panel a mis en lumière le rôle central des entreprises publiques dans cette mutation. Véritables bras armés de l’État, elles concentrent à la fois espoirs et critiques.
Aux côtés de Yves Castanou, Ghislain Yébas et Serge Lenga, les débats ont rapidement pris une tournure sans concession : les entreprises d’État créent-elles réellement de la valeur ?
Car la question est là, frontale. Valeur pour les citoyens, pour les usagers, pour les finances publiques. « Ce qui ne se mesure pas se gère mal », a rappelé Bernard Gazo, plaidant pour la mise en place d’indicateurs précis afin d’évaluer leur contribution réelle à la croissance.
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Vers une gouvernance de rupture
Le diagnostic posé est sévère, mais lucide. Les solutions, elles, appellent à une véritable rupture.
D’abord, redéfinir le rôle de l’État actionnaire : clarifier ses attentes, fixer des objectifs précis et cohérents. Ensuite, instaurer des contrats de performance liant dirigeants et résultats. À cela s’ajoute une réforme sensible mais jugée incontournable : indexer la rémunération des dirigeants sur leurs performances.
Enfin, la question de la responsabilité — et donc des sanctions — ne peut plus être éludée. Diriger une entreprise publique n’est pas un statut, mais un mandat, soumis à des exigences de résultats.
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Une ambition nationale
Au-delà des constats techniques, une vision se dessine : faire des entreprises publiques de véritables leviers de développement. Création d’emplois, amélioration des services, contribution aux recettes de l’État — leur rôle dépasse largement leur simple périmètre économique.
Ce deuxième déjeuner des CRAC confirme ainsi une volonté : transformer en profondeur la gouvernance publique congolaise. Une ambition exigeante, qui suppose constance, courage politique et discipline collective.
Reste désormais à passer de la parole aux actes. Car dans les couloirs du pouvoir comme dans les salles de conférence, une conviction semble désormais partagée : l’avenir économique du Congo se jouera aussi — et peut-être surtout — dans la manière dont l’État gère ses propres entreprises.
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