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À Brazzaville, le réveil des églises s'organise : le COSERCO revendique son rôle spirituel dans la marche de la nation

par André LOUNDA 26 Avril 2026, 10:56 Religion

À la sortie d’un culte empreint de ferveur et de solennité, le Révérend Pasteur Germain Loubota, président du Conseil national du Conseil supérieur des églises de réveil du Congo (COSERCO), laisse transparaître une émotion contenue. Dans une capitale où les recompositions religieuses épousent désormais les dynamiques institutionnelles, l’homme d’Église voit dans la récente structuration de son organisation bien plus qu’une simple réforme administrative : une étape décisive dans l’affirmation d’une influence spirituelle à l’échelle nationale. « Je suis ému par cette étape importante », confie-t-il, évoquant l’installation progressive des bureaux du COSERCO à travers Brazzaville, jusque dans ses périphéries comme Kintélé ou l’île Mbamou. Une implantation territoriale qui, selon lui, consacre une ambition claire : celle d’un maillage complet du tissu urbain et, au-delà, d’un enracinement durable dans la société congolaise. Derrière cette dynamique, une réforme engagée il y a près d’un an lors d’une assemblée générale inclusive. « Nous avons revu nos structures », explique le pasteur.

 Désormais, le COSERCO s’articule autour d’un Conseil national, d’un bureau exécutif, de relais départementaux et d’antennes d’arrondissement. Une architecture pensée pour accompagner ce qu’il décrit comme « les batailles à venir » — au premier rang desquelles la régulation du mouvement des églises de réveil et l’intensification de l’évangélisation.

Mais le discours dépasse le seul cadre organisationnel. Il s’inscrit dans une lecture spirituelle de la vie politique du pays. Alors que le Congo sort d’une séquence électorale sensible suivie de la mise en place de nouvelles autorités, le COSERCO revendique un rôle actif dans la préservation de la paix. « Les autorités nous ont demandé de prier », affirme Germain Loubota, insistant sur la mission des croyants comme « dépositaires de la paix de Dieu ».

Dans cette perspective, les récentes nominations au sommet de l’État sont interprétées comme une réponse divine aux prières collectives. « Toutes les autorités qui existent sont instituées par Dieu », rappelle-t-il, citant les Écritures pour justifier une vision providentialiste du pouvoir. Une lecture qui, sans nier les processus humains — élections, négociations, décisions politiques —, les replace dans une souveraineté supérieure.

Le culte de ce jour s’est ainsi voulu autant un acte de célébration qu’un moment de reconnaissance. « Nous sommes venus rendre grâce », souligne le pasteur, évoquant « une victoire » obtenue « depuis les élections jusqu’à la nomination des dirigeants ». Une victoire spirituelle, affirme-t-il, mais dont les implications sont profondément politiques.
À Brazzaville, le COSERCO semble désormais déterminé à peser davantage dans l’espace public. Entre structuration interne et ambition missionnaire, l’organisation entend faire entendre sa voix dans le débat national. Avec, en filigrane, une conviction assumée : celle que la transformation du pays passera aussi — et peut-être d’abord — par la conversion des cœurs.

 

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