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Femmes, argent et dignité : à Brazzaville, la révolution silencieuse de l'autonomie financière est en marche

par André LOUNDA 1 Avril 2026, 07:44 Entrepreneuriat

Dans les salons feutrés de l’Hôtel Saint François de l’ACERAC, un souffle nouveau a parcouru, ces derniers jours, l’univers souvent invisible mais vital des femmes du secteur informel. À l’initiative de la Banque Congolaise de l’Habitat (BCH), sous le haut patronage de la ministre Jacqueline Lydia Mikolo, une rencontre d’échanges a mis en lumière une ambition claire : faire de la sécurité financière des femmes un levier de transformation nationale.
Car au-delà des discours, c’est une véritable bataille pour la dignité qui se joue.

L’autonomie, clé d’une souveraineté intime
Dans un message porté par son directeur de cabinet, la ministre a rappelé l’essentiel : « Être une femme entrepreneure, ce n’est pas seulement gagner de l’argent. C’est prendre place dans la vie économique, devenir indépendante et transformer sa vie. »
Un propos qui résonne dans un pays où l’économie informelle demeure le socle de subsistance de milliers de femmes. Pour elles, la sécurité financière n’est pas un concept abstrait : c’est la capacité de faire face à l’imprévu, d’éduquer ses enfants, de projeter un avenir.
Sous le regard attentif des participantes, venues nombreuses des marchés et des petits métiers de Brazzaville, l’État a réaffirmé sa volonté d’accompagnement. Un écosystème structuré — de l’ADPME à l’ACPCE, en passant par l’ANA et la BSTPE — se dessine désormais comme une architecture de soutien à l’entrepreneuriat féminin.

La banque publique en première ligne
Mais c’est surtout du côté de la BCH que les regards se sont tournés. Représentée par sa directrice générale adjointe, Lydie Sylvie Oko, l’institution a dévoilé une stratégie offensive : rendre le crédit accessible là où il était hier encore hors de portée.
« Nous sommes une banque publique, et à ce titre, nous accompagnons la vision de l’État », a-t-elle affirmé avec conviction.
Au cœur de ce dispositif, un produit : Sunga ngaï. Un mécanisme pensé pour contourner les rigidités classiques du système bancaire, notamment grâce à son adossement au Fonds de Garantie — le FIGA. Résultat : des conditions d’accès assouplies, une garantie facilitée, et surtout, une ouverture inédite pour ces femmes longtemps tenues à distance des circuits financiers formels.

De l’informel à la reconnaissance économique
Ce programme ne s’adresse pas à toutes indistinctement. Il cible celles qui, déjà, entreprennent — vendeuses, artisanes, commerçantes — et qui constituent cette « force invisible » de l’économie congolaise.
L’enjeu est double :
Structurer l’activité informelle,
Élargir l’assiette fiscale nationale, dans une logique gagnant-gagnant.
Car derrière l’accompagnement financier se profile une ambition plus vaste : faire entrer ces femmes dans le champ de la reconnaissance économique officielle, sans briser la souplesse qui fait la force de leurs activités.

Une révolution discrète, mais irréversible
De Dolisie à Pointe-Noire, et désormais à Brazzaville, la dynamique est lancée. Elle s’appuie sur une conviction simple mais puissante : aucune économie ne peut prospérer durablement en laissant ses femmes en marge du système financier.
Dans les regards déterminés des participantes, une certitude émerge : l’autonomie financière n’est plus un privilège, mais une conquête en cours.
Et peut-être, dans ce mouvement encore discret, se dessine déjà l’un des visages les plus prometteurs du Congo de demain.

 

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