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Centre de Conférence International de Kintélé. Les lumières se sont éteintes vendredi 29 mai sur les 61es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), mais les ambitions affichées durant cinq jours de débats intenses continuent de résonner dans les couloirs du Centre international de conférences de Kintélé. Dans la capitale congolaise, plus de 4 500 décideurs, ministres, financiers, universitaires, représentants du secteur privé et acteurs de la société civile ont tenté de répondre à une question devenue centrale pour l’avenir du continent : comment financer le développement de l’Afrique dans un monde de plus en plus fragmenté et incertain ?
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La cérémonie de clôture, présidée par le Premier ministre congolais Anatole Collinet Makosso au nom du président Denis Sassou N’Guesso, a marqué l’ultime séquence d’un rendez-vous continental placé sous le thème : « Mobiliser les ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ».
Au-delà des chiffres et des résolutions, les assises de Brazzaville auront surtout porté un message : l’Afrique entend désormais compter davantage sur ses propres forces pour financer sa transformation économique.
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Dans son intervention, le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, a salué la qualité des travaux et l’esprit de coopération qui a marqué les échanges. Mais c’est une autre annonce qui a retenu l’attention de l’assemblée. « Permettez-moi de saluer un acte politique fort », a-t-il déclaré, avant d’évoquer la décision du président Denis Sassou N’Guesso de supprimer les visas pour tous les citoyens africains à compter du 1er janvier 2027.
Pour le dirigeant de la BAD, cette mesure dépasse le simple cadre administratif. Elle constitue un symbole puissant de l’intégration africaine en marche. « Une décision courageuse, stratégique et profondément africaine », a-t-il affirmé sous les applaudissements nourris des participants.
Dans un continent où la libre circulation demeure l’un des défis majeurs de l’intégration régionale, l’annonce congolaise est apparue comme l’un des faits politiques marquants de ces assemblées annuelles.
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Le ministre congolais de l’Économie et des Finances, Ludovic Ngatsé, président du Conseil des gouverneurs de la BAD, a quant à lui insisté sur la portée des décisions adoptées à Brazzaville. Selon lui, les conclusions des travaux répondent aux attentes suscitées par ce rendez-vous continental.
Le Conseil des gouverneurs a notamment réaffirmé son soutien à la vision stratégique portée par Sidi Ould Tah pour renforcer l’influence et la capacité d’action de l’institution face aux bouleversements économiques mondiaux.
Mais, a souligné le ministre, les engagements pris n’auront de valeur que s’ils se traduisent concrètement dans la vie quotidienne des populations africaines.
« Notre responsabilité partagée est de veiller à ce que l’élan de Brazzaville ne s’arrête pas à la clôture des assises », a-t-il déclaré.
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Un appel à la continuité qui résume l’esprit général de ces rencontres : passer du diagnostic à l’action.
Prenant la parole pour clôturer officiellement les travaux, Anatole Collinet Makosso a adressé ses félicitations aux différentes délégations et partenaires ayant contribué au succès de l’événement. Le chef du gouvernement congolais a particulièrement salué la forte mobilisation des participants, y voyant un signal fort envoyé au reste du monde.
Selon lui, la tenue réussie de ces assemblées en présentiel démontre que l’Afrique est capable d’organiser de grands rendez-vous internationaux malgré les discours alarmistes qui continuent parfois d’entourer le continent. « Votre présence nombreuse à Brazzaville a permis d’envoyer un message clair à toutes les forces qui ont tendance à surestimer les risques sanitaires, sécuritaires ou financiers en Afrique », a-t-il déclaré.
Derrière cette formule se dessine une volonté assumée : changer le regard porté sur le continent et affirmer sa capacité à construire son propre destin.
Les discussions menées durant la semaine ont mis en évidence plusieurs priorités : renforcer la mobilisation des ressources intérieures, mieux valoriser les richesses naturelles, développer les marchés financiers africains, soutenir le secteur privé et attirer davantage d’investissements productifs.
Les participants ont également souligné que le financement du développement ne peut être dissocié de la qualité de la gouvernance, de la transparence des institutions et de la confiance entre les acteurs économiques.
Car au-delà des mécanismes financiers, c’est bien la question du modèle de développement africain qui était au cœur des débats.
À Brazzaville, les responsables africains ont voulu démontrer que l’Afrique ne manque ni de ressources ni d’ambition. Ce qui est désormais en jeu, c’est la capacité collective à transformer ces potentialités en projets concrets, créateurs d’emplois, d’infrastructures et d’opportunités pour une population appelée à doubler d’ici le milieu du siècle.
Les 61es Assemblées annuelles de la BAD s’achèvent ainsi sur une conviction largement partagée : dans un monde fragmenté, l’Afrique ne pourra peser davantage que par une intégration renforcée, une mobilisation accrue de ses ressources et une volonté politique à la hauteur de ses ambitions.
L’histoire retiendra peut-être que, durant quelques jours de mai 2026, Brazzaville s’est imposée comme l’une des capitales où s’est dessinée une partie de l’avenir économique du continent.
Crédits photos AfDB
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