/image%2F1906098%2F20260510%2Fob_620eb3_img-20260509-170634.jpg)
À la Maison Russe de Brazzaville, le 81ᵉ anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie a donné lieu à une célébration où le souvenir de la Seconde Guerre mondiale s’est mêlé aux accents lyriques de la culture russe, dans une atmosphère à la fois commémorative et résolument tournée vers le dialogue entre les peuples. Brazzaville, 9 mai 2026. Dans l’enceinte feutrée de la Maison Russe en République du Congo, les notes de musique ont remplacé le fracas des armes pour rappeler une page décisive de l’histoire contemporaine. Quatre-vingt-un ans après la capitulation de l’Allemagne nazie, la Russie célébrait à Brazzaville le Jour de la Victoire, date cardinale de sa mémoire nationale.
/image%2F1906098%2F20260510%2Fob_291d5d_img-20260509-170159.jpg)
À l’ouverture de cette cérémonie, Maria Fakhrutdinova, directrice de la Maison Russe, a livré un discours dense, rappelant la portée universelle de cette victoire historique. « Cette guerre s’est déroulée principalement sur le continent eurasiatique, mais il est essentiel de rappeler que les ancêtres du Congo y ont également pris part dans le cadre de la France libre. Ce fut une lutte militaire, mais aussi idéologique, contre une doctrine fondée sur la discrimination et la domination raciale. Heureusement, cette idéologie n’a pas triomphé. »
Par ces mots, elle a tenu à inscrire la mémoire congolaise dans le récit plus large de la lutte mondiale contre le fascisme, rappelant que l’Afrique ne fut jamais absente de ce combat.
/image%2F1906098%2F20260510%2Fob_93a6b8_img-20260509-171042.jpg)
Quand la musique raconte la victoire
La célébration s’est poursuivie par un concert porté par les artistes russes François Modème et Maria Modème, dont le répertoire a traversé les époques et les sensibilités.
Des grands classiques militaires russes aux chants populaires de la reconstruction d’après-guerre, la programmation a offert une fresque sonore évoquant autant la douleur des conflits que l’espérance retrouvée.
Le public a également voyagé à travers des extraits de Notre-Dame de Paris inspirés de Victor Hugo, des airs immortalisés par Mireille Mathieu, ainsi qu’un hommage vibrant à Édith Piaf, revisitant La Vie en rose comme un symbole universel de renaissance.
Dans une seconde partie plus intimiste, Maria Fakhrutdinova a retracé le parcours artistique du couple invité, évoquant notamment leur participation au prestigieux Festival musical de Yalta, organisé chaque année au Palais des Congrès du Kremlin.
/image%2F1906098%2F20260510%2Fob_9fd519_img-20260509-170222.jpg)
Le chanteur congolais Samtcheson, lauréat de l’édition 2024, a ensuite interprété une composition en français inspirée de la Seconde Guerre mondiale, établissant un pont artistique inattendu entre mémoire européenne et sensibilité africaine.
Puis sont venus les chants folkloriques russes des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, évocations d’étés lumineux et d’hivers profonds, révélant au public brazzavillois la richesse d’un patrimoine musical souvent méconnu.
/image%2F1906098%2F20260510%2Fob_f99476_img-20260509-wa0016.jpg)
François Modème, entre guerre et culture
Le moment le plus marquant de la soirée fut sans doute l’intervention de François Modème, artiste lyrique russe au parcours singulier.
Ancien combattant dans le Donbass, aujourd’hui chanteur d’opéra à Rostov-sur-le-Don, il a livré un témoignage mêlant engagement militaire, itinéraire personnel et plaidoyer culturel. « Je suis venu à Brazzaville pour célébrer cette victoire historique, mais aussi pour partager la culture russe et montrer qu’une alliance intellectuelle, culturelle et économique entre la Russie et l’Afrique est non seulement possible, mais nécessaire. »
Face aux questions sur les tensions géopolitiques contemporaines et la guerre en Ukraine, l’artiste a défendu avec conviction la lecture russe du conflit, dénonçant ce qu’il considère comme une tentative occidentale de réécriture de l’histoire.
Évoquant son engagement au Donbass entre 2014 et 2016, puis à Marioupol en 2022, il a insisté sur une idée : « sauver des vies reste la seule victoire possible dans une guerre ».
Revenu depuis à l’art lyrique, il voit dans la culture une forme de résistance plus durable que les armes. « On m’a proposé de revenir à l’opéra pour soutenir la Russie à travers la culture. C’est une manière de montrer qu’il est possible d’apprendre cette langue, de comprendre cette civilisation, et de bâtir des relations fondées sur le respect mutuel. »
/image%2F1906098%2F20260510%2Fob_1d1904_img-20260509-170211.jpg)
Brazzaville, carrefour discret d’une diplomatie culturelle
Au-delà de la commémoration, cette célébration aura illustré le rôle croissant de Brazzaville comme espace de dialogue culturel entre la Russie et l’Afrique centrale.
Dans un monde fragmenté par les fractures géopolitiques, la Maison Russe entend faire de la culture un langage commun, capable de relier les mémoires et d’ouvrir des perspectives nouvelles.
Ce samedi soir, dans la capitale congolaise, l’Histoire n’était pas seulement commémorée. Elle était chantée, interrogée et transmise — comme pour rappeler qu’au-delà des conflits et des récits opposés, la mémoire demeure un territoire à partager.
/image%2F1906098%2F20260510%2Fob_fe3ce0_img-20260509-171101.jpg)
/image%2F1906098%2F20260510%2Fob_ea64d5_img-20260509-171110.jpg)
/image%2F1906098%2F20161025%2Fob_f67791_300x300-ct.jpg)

Haut de page