/image%2F1906098%2F20260502%2Fob_60a6e6_1er-mai-768x280.jpg)
À Brazzaville, au mess des officiers, la célébration de la 140e édition de la Fête internationale des travailleurs n’a pas seulement été une parenthèse festive. Elle s’est imposée comme une tribune revendicative pour les enseignants du supérieur, réunis sous la bannière du Syndicat national des enseignants du supérieur (SYNESUP). Dans une déclaration dense et sans détour, le secrétaire général, Jean Didier Mbelé, a dressé un bilan qu’il qualifie de « conquêtes historiques » obtenues au terme d’une mandature marquée par des tensions sociales persistantes au sein de l'Université Marien Ngouabi.
/image%2F1906098%2F20260507%2Fob_550c2c_image-2955063-20260506-ob-200166-10002.png)
Parmi ces avancées, le relèvement du point indiciaire de 350 à 450 apparaît comme un symbole fort d’une reconnaissance salariale longtemps attendue. À cela s’ajoute l’application intégrale du protocole d’accord signé en 2019 avec le gouvernement, qui a permis de solder quatre mois d’arriérés de salaires ainsi que deux années d’heures supplémentaires impayées — un passif social qui pesait lourdement sur le moral des enseignants.
/image%2F1906098%2F20260507%2Fob_d36c1f_image-2955063-20260506-ob-3d1d92-10002.png)
Le SYNESUP revendique également des victoires institutionnelles, notamment les nominations à des postes vacants à la présidence de l’université, obtenues sous la pression syndicale. Autre avancée majeure : l’alignement, par décret en 2024, de l’âge de départ à la retraite des agents de l’université sur celui des fonctionnaires de l’État, mettant fin à une inégalité jugée injustifiée.
Mais derrière ce tableau de progrès, les tensions demeurent vives. Le discours de Jean Didier Mbélé s’est rapidement mué en appel à la vigilance et à la mobilisation. Le syndicat exige désormais la régularité des salaires au même rythme que dans la fonction publique, ainsi que l’apurement des arriérés couvrant plusieurs périodes critiques, d’août à septembre 2024, puis de février à avril 2026.
/image%2F1906098%2F20260507%2Fob_66b322_image-2955063-20260506-ob-908441-10002.png)
Au cœur des préoccupations : le paiement incomplet des heures diverses, la prime de pléthore toujours attendue, et une fiscalité jugée écrasante via l’IRPP. À cela s’ajoutent des revendications structurelles, telles que la réhabilitation des infirmeries universitaires et l’achèvement des infrastructures pédagogiques inachevées à la faculté des sciences et techniques — des chantiers abandonnés devenus le symbole d’un système en souffrance.
Dans un ton mesuré mais ferme, le secrétaire général a exhorté les militants à privilégier des actions « efficaces et pacifiques », dans le respect des mécanismes syndicaux. Une ligne stratégique qui vise à maintenir la pression sans basculer dans l’affrontement ouvert, à l’heure où le dialogue social reste fragile.
Cette prise de parole intervient dans un contexte particulier, celui du 9e congrès ordinaire du SYNESUP, qui pourrait redéfinir les orientations du syndicat pour les années à venir. Entre bilan revendiqué et attentes persistantes, les enseignants-chercheurs de l’université Marien Ngouabi semblent déterminés à ne plus céder sur l’essentiel : la dignité professionnelle et la stabilité sociale.
/image%2F1906098%2F20260507%2Fob_ae9341_image-2955063-20260506-ob-da6d9a-10002.png)
Commentaire à chaud :
Derrière les chiffres et les annonces, une réalité s’impose : à l’université Marien Ngouabi, la paix sociale reste conditionnelle. Les avancées obtenues par le SYNESUP témoignent d’un rapport de force désormais assumé, mais aussi d’un système où les droits les plus élémentaires — salaires réguliers, conditions de travail décentes — doivent encore être arrachés, et non garantis.
Le signal est clair : sans un engagement durable de l’État à honorer ses obligations, le risque d’un retour des tensions sociales demeure élevé. Et dans un pays où l’enseignement supérieur façonne les élites de demain, ignorer les revendications des enseignants reviendrait à fragiliser les fondations mêmes de la République.
/image%2F1906098%2F20260507%2Fob_af0751_image-2955063-20260506-ob-419bc1-10002.png)
/image%2F1906098%2F20161025%2Fob_f67791_300x300-ct.jpg)

Haut de page