À l’ombre des pistes de l’Aéroport international Maya-Maya, où convergent chaque jour les ambitions de connectivité de l’Afrique centrale, s’est ouvert ce 11 mai un rendez-vous stratégique pour l’avenir du transport aérien régional. Pendant cinq jours, experts, régulateurs et opérateurs du secteur participent à un vaste atelier de vulgarisation de la réglementation communautaire en matière de sécurité aérienne, organisé conjointement par l’Agence de supervision de la sécurité aérienne en Afrique centrale et l’Agence nationale de l’aviation civile, sous le haut patronage de Josué Rodrigues Ngouoniba.
L’événement, qui réunit à Brazzaville les principaux acteurs de l’aviation civile de la sous-région, s’inscrit dans une volonté affirmée : harmoniser les pratiques, renforcer les capacités nationales et consolider une culture régionale de sécurité conforme aux standards internationaux.
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Une ouverture solennelle entre symboles et ambition régionale
La cérémonie inaugurale, ponctuée par l’exécution des hymnes nationaux du Congo et de la CEMAC, a donné le ton d’une rencontre placée sous le sceau de l’intégration communautaire.
Dans son mot introductif, le modérateur a rappelé la portée symbolique de cette rencontre organisée dans la capitale congolaise, saluant « la terre d’hospitalité légendaire » qu’est Brazzaville et son rôle croissant dans les dynamiques régionales de coopération technique.
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Trois séquences majeures ont marqué cette ouverture : l’allocution du directeur général de l’ASSA-AC, la projection d’un documentaire retraçant les réalisations de l’institution, puis le discours d’ouverture du ministre des Transports, véritable feuille de route politique pour l’avenir de l’aviation congolaise et communautaire.
Josué Rodrigues Ngouoniba : “La sécurité aérienne est un impératif de souveraineté”.
Prenant la parole devant les délégations venues de plusieurs pays de la sous-région, le ministre Josué Rodrigue Ngouoniba a inscrit l’atelier dans une perspective stratégique dépassant le seul cadre technique. « La mise en œuvre effective de la réglementation communautaire constitue un impératif pour garantir la sûreté, la sécurité et la performance de nos systèmes de transport aérien », a-t-il affirmé.
Le ministre a rappelé que la République du Congo a volontairement accepté de soumettre son système d’aviation civile à des évaluations internationales, dans le cadre des exigences de la CEMAC et de l’Organisation de l’aviation civile internationale, preuve selon lui d’un engagement résolu en faveur de l’excellence réglementaire.
Il a également replacé cette dynamique dans la vision stratégique portée par Denis Sassou N’Guesso : faire du Congo une plateforme logistique régionale majeure, appuyée sur des infrastructures modernisées et une connectivité aérienne renforcée.
Dans cette perspective, l’aéroport Maya-Maya est appelé à devenir un véritable hub sous-régional, capable d’ouvrir davantage le Congo aux grands corridors africains et internationaux.
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L’ASSA-AC, cheville ouvrière de l’harmonisation régionale
Dans une intervention dense et volontariste, le directeur général de l’ASSA-AC, Eugène Apombi, a salué l’engagement constant des autorités congolaises en faveur du développement du transport aérien.
Il a rappelé le travail de fond accompli par les experts communautaires pour doter l’espace CEMAC d’un corpus réglementaire harmonisé couvrant les domaines essentiels : navigabilité, aérodromes, exploitation technique des aéronefs et services de navigation aérienne.
« L’efficacité d’un dispositif réglementaire ne dépend pas seulement de son adoption, mais surtout de sa compréhension et de son appropriation par l’ensemble des acteurs concernés », a-t-il souligné.
Pour l’institution communautaire, cette vulgarisation constitue donc une étape décisive : transformer la norme écrite en pratique opérationnelle.
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Une pédagogie de la conformité
Au-delà des exposés techniques, cet atelier entend identifier les obstacles concrets à la mise en œuvre des textes communautaires, proposer des pistes de solution et favoriser le partage d’expériences entre administrations nationales.
Cette démarche sera prolongée par une série de formations spécialisées prévues dans plusieurs capitales de la sous-région, notamment à Yaoundé, Douala, Malabo et à nouveau à Brazzaville.
L’objectif est clair : élever progressivement l’ensemble de l’espace CEMAC à un niveau de conformité réglementaire susceptible de rassurer investisseurs, compagnies aériennes et partenaires internationaux.
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Le ciel comme horizon d’intégration
Au fond, cet atelier dépasse les seuls enjeux techniques. Il rappelle qu’en Afrique centrale, la sécurité aérienne est aussi une question de souveraineté économique, de crédibilité institutionnelle et d’intégration régionale.
À Brazzaville, cette semaine, c’est bien une certaine idée du ciel africain qui se dessine : un espace mieux régulé, plus sûr, plus compétitif — et résolument tourné vers l’avenir.
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