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Crédits photo BAD
Sous les ors du Centre international de conférences de Kintélé, la République du Congo a donné ce 26 mai le coup d’envoi des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement. Une cérémonie d’ouverture solennelle où se sont mêlés prestige diplomatique, visions stratégiques et plaidoyer pour une souveraineté financière africaine à l’heure des fractures géopolitiques mondiales.
Brazzaville.
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La capitale congolaise s’est transformée, le temps d’une journée historique, en épicentre des ambitions économiques africaines. Dans une atmosphère de gravité studieuse et d’espérance continentale, chefs d’État, ministres, banquiers, diplomates et partenaires internationaux ont convergé vers le Centre international de conférences de Kintélé pour l’ouverture officielle des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement.
À la tribune, les voix qui comptent pour l’avenir financier du continent se sont succédé : Ludovic Ngatsé, ministre congolais du Plan, le Dr Sidi Ould Tah, nouveau président du Groupe de la BAD, et Selma Malika Haddadi, vice-présidente de la Commission de l’Union africaine.
Mais c’est l’entrée du président congolais, Denis Sassou N’Guesso, qui a donné à l’événement toute sa portée institutionnelle.
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Une reconnaissance solennelle aux bâtisseurs de la finance africaine
En sa qualité de Grand Maître des Ordres nationaux, le chef de l’État a élevé à titre exceptionnel plusieurs cadres du Groupe de la BAD dans l’Ordre du Mérite congolais, saluant leur engagement en faveur du développement continental et la confiance renouvelée accordée à Brazzaville comme terre d’accueil de cette grand-messe financière.
Le geste n’était pas protocolaire. Il était hautement politique.
À travers cette distinction, le Congo a voulu rappeler son ancrage historique dans l’architecture panafricaine et son rôle de trait d’union entre les institutions continentales et les grandes orientations stratégiques de l’Afrique.
Denis Sassou N’Guesso : “Le financement du développement est une question de souveraineté”
Dans un discours dense, à la fois analytique et volontariste, le président congolais a posé les termes du débat.
Le financement du développement africain, a-t-il martelé, ne peut plus relever d’une logique d’assistance fragmentée. Il doit devenir un instrument assumé de souveraineté, de justice sociale et de prospérité partagée.
Face à l’ampleur des besoins — infrastructures énergétiques, industrialisation, agriculture, santé, numérique, éducation, environnement, emploi des jeunes — le Chef de l’État a appelé à des mécanismes nouveaux : approfondissement des marchés financiers africains ; consolidation des institutions régionales ; instruments innovants de garantie et de partage des risques ; mobilisation accrue de l’épargne africaine ;
meilleure orientation des capitaux vers les investissements structurants. « L’enjeu n’est pas seulement de trouver davantage de ressources, mais de mieux les orienter, mieux les utiliser et les consacrer à la transformation durable des conditions de vie de nos populations. »
Il a également insisté sur la fidélité nécessaire de la BAD à sa vocation première : demeurer la banque de l’Afrique, portée par la confiance de ses États membres et au service exclusif du développement du continent.
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L’Union africaine salue l’audace congolaise
Prenant la parole au nom de la Commission de l’Union africaine, Selma Malika Haddadi a salué une décision qui, selon elle, marque une avancée concrète vers l’intégration continentale : l’annonce par le Congo de la suppression prochaine des visas pour les citoyens africains.
Une mesure qu’elle a qualifiée de “signal fort de leadership panafricain”.
Son intervention fut aussi un plaidoyer pour une transformation profonde de la gouvernance financière du continent.
Elle a notamment mis en avant la récente création de l’Agence africaine de notation de crédit, appelée à corriger ce qu’elle décrit comme une “injustice structurelle persistante”, liée à des évaluations extérieures souvent déconnectées des réalités africaines.
Pour elle, la bataille du financement est aussi une bataille narrative :
reprendre la maîtrise du récit africain sur le risque, la solvabilité et la crédibilité économique.
Sidi Ould Tah : l’heure d’une BAD plus ambitieuse
Pour sa première grande prise de parole comme président du Groupe de la BAD, le Dr Sidi Ould Tah a choisi le ton de l’écoute et de la refondation.
Rendant hommage à l’hospitalité congolaise et au leadership régional de Denis Sassou N’Guesso, il a insisté sur la responsabilité historique qui incombe désormais à l’institution.
Son ambition : faire entrer la Banque dans une nouvelle phase.
Une BAD davantage tournée vers :
la mobilisation massive des capitaux privés africains ;
l’industrialisation accélérée ;
l’appui à l’innovation entrepreneuriale ;
la résilience climatique ;
la montée en puissance d’institutions africaines capables de financer l’Afrique selon ses propres priorités.
« Le développement de l’Afrique doit être porté par l’ambition africaine, les institutions africaines et les ressources africaines. »
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Un panel présidentiel pour penser l’Afrique de demain
Point d’orgue de cette journée inaugurale : un panel de haut niveau réunissant Denis Sassou N’Guesso, Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition gabonaise, Faustin-Archange Touadéra, président de la République centrafricaine, et le président de la BAD.
Au cœur des échanges : la nécessité de bâtir une architecture financière africaine capable de résister aux chocs extérieurs, de soutenir l’intégration régionale et d’accompagner les aspirations d’une jeunesse qui refuse désormais les promesses différées.
Brazzaville, capitale d’une Afrique qui s’invente
Au-delà des discours, cette ouverture aura envoyé un message clair au monde :
l’Afrique ne demande plus seulement des financements ; elle réclame les instruments de sa liberté économique.
Dans la majesté feutrée de Kintélé, au bord du fleuve Congo, une conviction s’est imposée :
le temps est venu pour le continent de transformer ses ressources en puissance, ses ambitions en institutions, et sa fragmentation en destin commun.
BAD : vers une Afrique plus agile et ambitieuse, selon Sidi Ould Tah
Dans le prolongement de la cérémonie d’ouverture des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), un panel de haut niveau a donné le ton : l’Afrique doit agir vite pour résoudre ses paradoxes et mobiliser ses ressources. Au centre de cette ambition, Sidi Ould Tah, président de la BAD, a exposé sa vision : rendre l’institution plus agile, plus réactive et plus ouverte aux partenariats. « Les sept transformations que nous engageons au sein du groupe permettront à la BAD de répondre plus efficacement aux attentes des populations africaines », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de mobiliser l’épargne africaine, les institutions financières du continent et le secteur privé. Selon lui, la rapidité et la coordination sont les clés pour surmonter les défis persistants.
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Trois chefs d’État ont pris la parole pour exposer les priorités de développement de leur pays. Le président congolais Denis Sassou N'guesso a mis l’accent sur l’agriculture, la production d’engrais, l’énergie et les infrastructures routières et ferroviaires. Dix projets environnementaux sont déjà prêts au Congo, a-t-il précisé, nécessitant seulement un soutien financier pour contribuer à la préservation de la planète.
Du côté du centre africain, Faustin-Archange Touadéra a plaidé pour l’accélération des travaux du corridor 13 et le financement de son plan national de développement. Quant au Gabon, Brice Clotaire Oligui-Ngéma a présenté une approche duale : développer la transformation locale des forêts tout en préservant l’environnement, et renforcer la paix ainsi que le capital humain.
Le panel s’est conclu sur un échange direct avec Sidi Ould Tah. Les trois chefs d’État n’ont pas caché leur confiance dans son leadership. « Nous avons confiance », a résumé Denis Sassou Nguesso. Faustin-Archange Touadéra a insisté sur le besoin de rapprocher les services de la BAD des réalités locales pour accélérer les projets prioritaires. Quant à Oligui-Ngéma, son conseil fut simple : encourager et soutenir l’initiative pour faire avancer l’Afrique.
Le président de la BAD a enfin présenté une perspective encourageante pour l’économie africaine. Mais il a rappelé que la véritable clé du développement reste le capital humain. Dans un continent en pleine mutation, l’heure est à l’action et à l’audace. La Banque africaine de développement, sous la houlette de Sidi Oud Tah, veut en être le catalyseur.
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