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Congo : vers une refondation de la gouvernance climatique nationale

par André LOUNDA 19 Mai 2026, 12:11 Environnement

À Brazzaville, l’État réarme son architecture institutionnelle pour répondre aux exigences de l’Accord de Paris
Sous le haut patronage de Arlette Soudan-Nonault, ministre de l’Environnement, du Bassin du Congo et du Développement durable, un tournant décisif s’est amorcé ce mardi 19 mai 2026 à Pefaco Hotel Maya Maya, où s’est tenu l’atelier technique de concertation consacré à l’opérationnalisation du futur Comité d’Orientation Technique sur le changement climatique (COT).
Derrière la technicité apparente de cette rencontre se dessine une transformation profonde : celle de la gouvernance climatique congolaise, appelée à se hisser aux standards internationaux imposés par l’Accord de Paris et les nouveaux impératifs de la diplomatie environnementale mondiale.

L’ouverture des travaux a été assurée par le directeur de l’Écologie, intervenant au nom de Madame la directrice générale du Développement durable. Un signal institutionnel fort, qui traduit la volonté des autorités de replacer la question climatique au cœur de l’action publique.

Une architecture devenue obsolète
Créé en 2010, le Comité national sur le changement climatique avait constitué une avancée notable dans la structuration des politiques environnementales du Congo. Mais seize années plus tard, son fonctionnement ne répond plus aux réalités contemporaines.
L’Accord de Paris, adopté en 2015 et ratifié par la République du Congo, a profondément modifié les exigences internationales. Il impose désormais des mécanismes rigoureux de concertation multi-acteurs, associant administrations publiques, société civile, partenaires techniques, experts sectoriels et acteurs économiques.
Or, l’ancien dispositif ne permettait plus d’assurer cette transversalité.
C’est dans cette perspective qu’a été décidée, dans le cadre de la révision de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0), la mutation du comité existant vers un Comité d’Orientation Technique renforcé, doté d’une mission élargie et d’une meilleure capacité d’anticipation stratégique.

Un organe technique au service de la décision politique
Le futur COT aura pour vocation d’éclairer les arbitrages d’un Comité d’Orientation Stratégique, appelé à siéger au niveau politique sous l’autorité de la Primature — sauf décision contraire relevant de la Présidence de la République.
Cette articulation marque une montée en gamme institutionnelle : la science et l’expertise technique alimenteront directement les décisions politiques nationales.
Le comité sera structuré autour de plusieurs composantes essentielles : Atténuation : réduction des émissions de gaz à effet de serre par secteur (forêt, agriculture, énergie, transport) ; Adaptation : réponses aux vulnérabilités climatiques ; Financement climatique : mobilisation et orientation des ressources ; Renforcement des capacités : formation, gouvernance, transfert de compétences.
Chaque secteur mobilisera des expertises ciblées, intégrées dans des sous-comités spécialisés.

Une consultation ouverte et exigeante
L’objectif immédiat de l’atelier était de soumettre aux participants le projet de décret portant création du COT.
L’exercice n’avait rien de protocolaire : les parties prenantes étaient invitées à examiner le texte, identifier d’éventuelles insuffisances et proposer des amendements constructifs.
Cette méthode traduit une rupture avec les approches verticales du passé.
« L’ambition est de bâtir une gouvernance coopérative, objective et techniquement robuste », ont rappelé les organisateurs.
Le secrétariat technique sera assuré par le ministère de l’Environnement, tandis que la présidence du comité relèvera directement du ministre de tutelle.

Le Congo face à son rendez-vous climatique
Co-animés par Junior Nianga, point focal national CDN, et Darol Kanza, facilitateur du NDC Partnership auprès de la République du Congo, les travaux s’inscrivent dans une dynamique plus large : faire du Congo un acteur crédible de la gouvernance climatique africaine.
Dans un contexte où la préservation du bassin du Congo devient une priorité géostratégique mondiale, le pays ne peut plus se contenter d’afficher son potentiel écologique ; il lui faut désormais démontrer sa capacité institutionnelle à le gouverner.
L’atelier du 19 mai 2026 pourrait ainsi marquer bien davantage qu’une simple réforme administrative.
Il pourrait constituer l’acte fondateur d’une nouvelle diplomatie climatique congolaise : plus structurée, plus participative et résolument tournée vers l’efficacité.

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