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Énergie : l'Union européenne et le Congo enclenchent la mue électrique avec GET. transform

par André LOUNDA 21 Mai 2026, 17:06 Economie

À Brazzaville, le lancement officiel du programme GET.transform marque une nouvelle étape dans l’ambition congolaise d’accélérer sa transition énergétique. Doté de 2,3 milliards de francs CFA, ce partenariat stratégique entre l’Union européenne, la coopération allemande GIZ et le gouvernement congolais vise à faire de l’électricité un levier de transformation économique et sociale à l’horizon 2030.

À l’hôtel Grand Lancaster de Brazzaville, sous le haut patronage de Bruno Jean Richard Itoua, en présence de l’ambassadrice de l’Union européenne au Congo, des représentants de la coopération allemande GIZ, ainsi que de nombreux partenaires techniques et institutionnels, le Congo a officiellement lancé le programme GET.transform, pierre angulaire de sa stratégie de modernisation énergétique.

Bien plus qu’une cérémonie protocolaire, l’événement a consacré une convergence politique rare autour d’un objectif commun : sortir durablement le secteur énergétique congolais de ses fragilités structurelles pour bâtir un modèle résilient, inclusif et compétitif.

 

Une enveloppe européenne pour changer d’échelle

Le programme mobilise 2,3 milliards de francs CFA, dont plus de 1,7 milliard apportés sous forme de dons par l’Union européenne, dans le cadre de son initiative Global Gateway, destinée à soutenir les infrastructures stratégiques en Afrique.

Dans son allocution, Madame Anne Marchal, l’ambassadrice européenne a rappelé la portée géopolitique du projet :

« Cet événement marque une étape importante de notre engagement commun en faveur d’un avenir durable, inclusif et prospère pour la République du Congo et l’Afrique centrale. »

Pour Bruxelles, il s’agit d’accompagner Brazzaville dans le renforcement de ses capacités institutionnelles, l’amélioration du cadre réglementaire et la création d’un environnement attractif pour l’investissement privé.

L’objectif est limpide : faire émerger un marché électrique crédible, bancable et capable d’attirer des financements massifs.

Le Congo face à son défi énergétique

Le constat est connu : malgré un potentiel hydroélectrique considérable, le Congo peine encore à garantir un accès stable et universel à l’électricité.

Le gouvernement a fixé des objectifs ambitieux à travers son Pacte national énergétique : 90 % d’accès à l’électricité en milieu urbain d’ici 2030 ; 50 % en milieu rural ; 33 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique ; 3 781 MW de capacité installée, dont 2 483 MW issus des renouvelables.

Pour le ministre Bruno Jean Richard Itoua, ces ambitions supposent une rupture méthodologique :

« Aucune transformation économique durable n’est envisageable sans un accès fiable, abordable et durable à l’électricité. »

GET.transform se positionne ainsi comme l’outil technique de cette révolution silencieuse.

Quatre chantiers structurants

Le programme s’articulera autour de quatre priorités : la planification énergétique de long terme ; l’intégration progressive des énergies renouvelables ;bla réforme du marché électrique national ; le développement de solutions hors réseau pour les zones rurales.

Autrement dit : transformer simultanément les institutions, les règles du jeu et les infrastructures.

Le représentant résident de la GIZ, Olaf, a insisté sur l’esprit de coordination qui présidera au déploiement : « La réussite reposera sur trois principes : appropriation nationale, coordination partenariale et impact mesurable. »

Un message qui traduit la volonté allemande d’éviter l’empilement de projets sans cohérence, fléau classique de l’aide au développement énergétique.

 

L’intégration régionale comme horizon

L’un des volets les plus stratégiques concerne le projet de “boucle de l’amitié énergétique” reliant le Congo, la RDC et l’Angola.

Financée à l’étude par l’Union européenne, cette interconnexion ambitionne de structurer un véritable marché sous-régional de l’électricité, condition indispensable à la sécurité énergétique de l’Afrique centrale.

Dans un contexte mondial marqué par la volatilité des prix et les tensions géopolitiques sur les approvisionnements, la diversification énergétique n’est plus une option : elle devient un impératif de souveraineté.

Former pour transformer

Le lancement officiel s’est doublé d’un atelier de renforcement des capacités organisé les 19 et 20 mai à Brazzaville.

Vingt-trois cadres issus des principales institutions du secteur ont été formés aux mécanismes modernes des marchés électriques : appels d’offres compétitifs, tarifs de rachat, mini-réseaux, conditions de bancabilité et attractivité des investisseurs.

Selon la responsable nationale du programme, cette première séquence a révélé « une qualité remarquable des échanges et une volonté réelle de dépasser les blocages structurels ».

Des attestations ont été remises aux participants, tandis qu’un protocole d’accord a été signé entre le Congo et la GIZ, officialisant la feuille de route commune.

Le temps des actes

Le lancement de GET.transform intervient à un moment décisif.

Le Congo dispose des ressources naturelles, de la volonté politique affichée et désormais d’un appui financier et technique conséquent.

Reste l’épreuve décisive : convertir les engagements diplomatiques en résultats tangibles pour les ménages, les entreprises et les territoires encore plongés dans la pénombre énergétique.

À Brazzaville, le signal envoyé est clair : la transition énergétique congolaise n’est plus un horizon théorique. Elle entre dans sa phase opérationnelle.

 

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