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À Brazzaville, l'ASAC célebre ses 23 ans d'existence sous le signe de l'excellence et la cohésion estudiantine (partage)

par André LOUNDA 13 Juin 2026, 21:01 Education

Entre mémoire institutionnelle, ambition scientifique et effervescence culturelle, l’Académie des Sciences et des Arts du Congo (ASAC) a célébré ce samedi 13 juin 2026 à Brazzaville, son 23 ème anniversaire lors d’une journée culturelle et sportive placée sous le thème : « Excellence et talent au service de la cohésion estudiantine ». Une célébration qui a transformé, le temps d’une journée, le campus de la rue Bakota en un véritable laboratoire du vivre-ensemble.

À l’Académie des Sciences et des Arts du Congo, les anniversaires ne se résument pas à une simple commémoration. Ils deviennent un prétexte pour revisiter une histoire, mesurer un parcours et projeter une vision. Pour ses 23 ans d’existence, l’établissement fondé le 7 février 2003 par le docteur-colonel Maurice Itous Ibara a choisi de placer la jeunesse au cœur de l’événement.
Sous les applaudissements des invités, des enseignants et des étudiants, la cérémonie a mêlé témoignages institutionnels, prestations artistiques, réflexions académiques et célébration de la créativité estudiantine.

Dans une présentation empreinte de fierté, l’étudiante Soraya a retracé les grandes étapes de l’histoire de l’établissement. Née sous l’appellation d’Académie des Beaux-Arts de Brazzaville, l’institution s’est construite dans le sillage des échanges académiques avec l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, dont plusieurs enseignants avaient accompagné les premières années de formation.
Mais au fil du temps, l’établissement a élargi son horizon. En 2016, il adopte le nom d’Académie des Sciences et des Arts du Congo, traduisant la volonté de son promoteur d’associer création artistique, recherche scientifique et innovation technologique dans une même dynamique de développement.

Une institution en quête d’excellence
Vingt-trois ans après sa création, l’ASAC revendique un bilan qui témoigne de son enracinement dans le paysage de l’enseignement supérieur congolais.
Avec près de quarante enseignants, une trentaine d’agents administratifs et plus de 1 300 diplômés formés dans diverses filières, l’établissement a progressivement étendu son offre académique aux sciences informatiques, au génie civil, à la gestion, aux finances, aux sciences agropastorales, aux arts, aux énergies renouvelables ou encore aux questions environnementales.
« Un établissement d’enseignement supérieur ne peut plus se contenter de délivrer des diplômes. Il doit former des innovateurs capables de transformer les connaissances en solutions concrètes », a souligné Parfait Prosper Mboungou, chargé des affaires administratives.
Au-delà des cursus proposés, les responsables de l’ASAC mettent également en avant leur engagement dans la recherche scientifique et leur volonté de faire émerger des réponses africaines aux défis du développement, de l’environnement et des transformations technologiques.

Quand la culture devient un langage commun
Si les discours ont rappelé le parcours de l’institution, c’est surtout la jeunesse qui a donné son rythme à cette journée.
Initiée par le Bureau des étudiants, la manifestation s’inscrivait dans une démarche d’ouverture et de rapprochement entre établissements d’enseignement supérieur. Les étudiants de l’ESTIL et de l’ECES avaient ainsi été associés à cette première édition inter-instituts.
Après une première phase sportive organisée au stade Massamba-Débat, avec des compétitions de football, de nzango et des jeux d’animation, la seconde séquence a laissé place à l’expression culturelle.
Danse, théâtre, percussion, défilé des nations, expositions artistiques et scientifiques ont transformé les espaces de l’ASAC en scène à ciel ouvert. L’événement a surtout été porté par une ambiance festive où la diversité culturelle s’est exprimée sans retenue.
Le groupe musical de l’établissement a électrisé le public en revisitant les grands classiques de la rumba congolaise, avant d’entraîner l’assistance dans un voyage musical traversant le makossa camerounais, le zouk et d’autres rythmes africains. Entre chants, chorégraphies et moments d’improvisation, les étudiants ont démontré que la culture demeure un puissant vecteur de rassemblement.

« Se connaître pour atteindre l’excellence »
Prenant la parole devant une assistance attentive, le président-directeur général de l’ASAC, le docteur-colonel Maurice Itoua Ibara, a choisi une approche philosophique pour décrypter le thème retenu.
Pour lui, l’excellence ne peut être dissociée d’un travail intérieur. Évoquant la célèbre injonction de Socrate – « Connais-toi toi-même » –, il a invité les étudiants à développer leurs talents tout en combattant les comportements qui freinent leur épanouissement. « La cohésion commence par la maîtrise de soi, le refus des anti-valeurs et la recherche permanente du savoir », a-t-il insisté, appelant la jeunesse à faire de la discipline, de la créativité et de l’innovation les fondements de son avenir.

Une ambition tournée vers l’avenir
Derrière la célébration, l’ASAC entend surtout affirmer sa place dans le paysage académique national. Forte de ses partenariats locaux et internationaux, de son agrément définitif obtenu en 2021 et de ses deux sites implantés à Brazzaville, l’institution nourrit désormais l’ambition de renforcer davantage son activité de recherche et son rayonnement scientifique.
À l’heure où les défis du numérique, du changement climatique et de la transformation économique interrogent l’avenir du continent, l’Académie des Sciences et des Arts du Congo veut apparaître comme un espace où se rencontrent savoirs, innovation et créativité.

À la tombée de la nuit, alors que les dernières notes de musique résonnaient encore dans la cour de l’établissement, un sentiment dominait parmi les participants : celui d’une communauté académique qui, au-delà des diplômes et des salles de cours, cherche à construire une identité fondée sur le talent, l’effort et la cohésion.
Vingt-trois ans après sa création, l’ASAC a ainsi célébré bien plus qu’un anniversaire : une certaine idée de la jeunesse congolaise et de son potentiel.

 

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