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Brazzaville. Pendant trois jours, les acteurs publics, les partenaires au développement, les collectivités locales, les organisations de la société civile et les responsables des centres d'accueil ont posé les bases d'une réflexion de fond sur l'avenir de la jeunesse congolaise. Organisée par l'Agence Nationale d'Insertion et de Réinsertion Sociales des Jeunes (ANIRJS), sous l'égide du ministère des Sports, de la Jeunesse et de l'Éducation civique, la première édition du Forum des acteurs du secteur de l'insertion et de la réinsertion sociales des jeunes s'est achevée sur une ambition clairement affichée : faire de la réinsertion sociale une priorité nationale durable.
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Au-delà d'une simple rencontre technique, ce forum a constitué un véritable laboratoire d'idées consacré à l'une des questions les plus sensibles du développement du pays : comment accompagner une jeunesse confrontée aux défis du chômage, de la déscolarisation, de la marginalisation sociale, des addictions ou encore de la délinquance juvénile ?
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Durant les travaux, les participants ont exploré les fondements juridiques, réglementaires et stratégiques de l'insertion et de la réinsertion sociale en République du Congo. Les échanges ont également permis de dresser une cartographie des acteurs du secteur, d'identifier les faiblesses persistantes du dispositif national et de mettre en lumière les expériences réussies développées dans plusieurs centres d'insertion en milieu urbain.
L'une des préoccupations majeures abordées a porté sur la diversité des profils des jeunes en difficulté. Les experts ont insisté sur la nécessité d'adopter des approches différenciées de prise en charge, adaptées aux réalités sociales, familiales et psychologiques de chaque bénéficiaire.
Une approche globale de la reconstruction sociale
La deuxième journée a marqué une étape importante en plaçant l'humain au cœur des débats. Les discussions ont porté sur l'encadrement civique, l'éducation citoyenne ainsi que l'accompagnement psycho-médico-social des jeunes.
L'intervention de l'UNICEF sur l'approche psychosociale appliquée aux jeunes vulnérables a rappelé l'importance d'une prise en charge intégrée, capable de répondre aux traumatismes, aux fragilités psychologiques et aux difficultés d'insertion rencontrées par de nombreux jeunes.
Les questions relatives à la santé mentale, aux addictions et aux troubles du comportement ont également occupé une place centrale. Longtemps reléguées au second plan dans les politiques publiques, elles apparaissent désormais comme des enjeux majeurs pour toute stratégie crédible de réinsertion.
Parallèlement, les échanges consacrés à la formation professionnelle et à l'insertion socio-économique ont mis en évidence le rôle déterminant des structures spécialisées telles que le Fonds National d'Appui à l'Employabilité et à l'Apprentissage (FONEA) et l'Agence Congolaise pour l'Emploi (ACPE), dans la construction de parcours d'autonomisation adaptés aux jeunes déscolarisés ou en situation de vulnérabilité.
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Construire des passerelles entre les institutions et les territoires
Les collectivités locales ont également été placées au centre de la réflexion. Les participants ont souligné que la réussite des politiques de réinsertion dépend largement de l'ancrage territorial des dispositifs d'accompagnement.
Les expériences de partenariat présentées ont démontré qu'une coopération renforcée entre les administrations locales, les structures d'encadrement et les communautés pouvait favoriser une réintégration plus efficace des jeunes dans leur environnement social et économique.
Répartis en huit ateliers thématiques, les participants ont ensuite élaboré des recommandations concrètes destinées à améliorer la qualité de la prise en charge, renforcer les mécanismes de coordination et développer les opportunités d'insertion professionnelle.
Le défi du financement durable
La troisième journée a été consacrée à une question décisive : celle du financement de la réinsertion sociale.
Les débats ont porté sur les mécanismes de financement public existants, les opportunités offertes par les partenaires techniques et financiers ainsi que les perspectives ouvertes par les partenariats public-privé et la responsabilité sociétale des entreprises.
Les travaux ont débouché sur des recommandations favorables à l'élaboration participative d'une feuille de route triennale de l'ANIRJS, articulée autour de trois axes stratégiques : le renforcement du cadre institutionnel et de la coordination des acteurs ; l'amélioration de la qualité de la prise en charge et du développement des compétences ; et enfin le financement, les partenariats et l'insertion professionnelle. « Chaque jeune mérite une seconde chance »
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La cérémonie de clôture a été marquée par la présentation de la synthèse générale des travaux et l'adoption du communiqué final.
Dans son allocution, M. Christian Kouka Matingou, directeur à la Réinsertion de l'ANIRJS, a salué la qualité des échanges et l'engagement des participants. Il a rappelé que derrière les dispositifs administratifs et les mécanismes institutionnels se trouve une conviction fondamentale : « chaque jeune, quelles que soient les difficultés qu'il a pu rencontrer, mérite une seconde chance ».
Pour le responsable de l'Agence, la création de l'ANIRJS répond à une ambition nationale claire : accompagner, encadrer et réintégrer les jeunes en difficulté afin qu'ils puissent retrouver toute leur place dans la société et contribuer au développement du pays.
Mais il a également insisté sur le fait que les défis restent considérables et qu'aucune institution ne saurait les relever seule. La réussite de cette politique repose, selon lui, sur une mobilisation collective associant l'État, les collectivités locales, le secteur privé, les partenaires internationaux, la société civile, les communautés et les familles.
« Ce forum n'est pas une fin en soi. Il constitue le point de départ d'une dynamique nouvelle », a-t-il déclaré, appelant à transformer les recommandations formulées en actions concrètes.
Au terme de cette première édition, un constat s'impose : la question de l'insertion et de la réinsertion sociales des jeunes ne relève plus seulement du champ social. Elle apparaît désormais comme un enjeu stratégique de cohésion nationale, de stabilité et de développement. Dans un contexte où la jeunesse représente l'une des principales richesses du Congo, les engagements pris à Brazzaville pourraient marquer le début d'une nouvelle approche fondée sur la prévention, l'accompagnement et la valorisation du potentiel humain.
Car derrière chaque parcours brisé se trouve aussi la possibilité d'une reconstruction. Et derrière chaque jeune réinséré, la promesse d'une société plus inclusive, plus solidaire et plus résiliente.
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