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Brazzaville. C’est peut-être un tournant discret, mais il pourrait marquer durablement l’histoire de l’arbitrage congolais. Réunis ce samedi 6 juin 2026 dans la salle de conférences du stade Stade Président Alphonse Massamba-Débat, les arbitres de football venus de plusieurs localités du pays ont posé un acte fondateur : la création officielle de l’Association des Arbitres de Football du Congo (A²FC), une structure appelée à défendre leurs intérêts, promouvoir leur professionnalisation et renforcer leur place dans la gouvernance du football national.
Pendant près de six heures de travaux, les participants ont débattu, amendé et adopté les textes fondamentaux de la nouvelle organisation avant d’élire ses instances dirigeantes. Une assemblée générale qui s’est déroulée dans un climat de dialogue et de consensus, révélant une volonté commune : sortir l’arbitrage congolais de l’ombre et lui offrir un cadre institutionnel capable de répondre aux défis de son temps.
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Une organisation née d'une longue attente
Dès l’ouverture des assises, les délégués ont procédé à la vérification des présences avant de mettre en place un présidium chargé de conduire les débats. Sous la direction de Pierre Rodric Mavoungou, assisté de Joseph Mianzoukouta et Ghislain Bantaba, les participants ont minutieusement examiné les statuts et le règlement intérieur de la future association.
Après plusieurs échanges qualifiés de « fructueux et constructifs », les textes ont été adoptés par acclamation, consacrant ainsi la naissance juridique et organisationnelle de l’A2FC.
Mais derrière cette formalité administrative se cache une revendication ancienne. Depuis plusieurs années, les arbitres congolais réclamaient un cadre de représentation autonome leur permettant de défendre leurs droits et de faire entendre leur voix au sein de l’écosystème footballistique national.
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Un bureau élu sous le signe de la confiance
L’élection des organes dirigeants a constitué l’un des moments forts de cette assemblée générale.
Les membres ont choisi de faire confiance à ceux qui avaient porté le projet depuis ses premières heures. À l’issue du scrutin, le bureau exécutif se compose notamment de :
Président : Pierre Rodric Mavoungou
Premier Vice-président : Ghislain Bantaba
Deuxième Vice-président : Trifant Ntsibisidi
Secrétaire général : Narcisse Poumou Obambi
Secrétaire général adjoint : Pascal Souza
Trésorier général : Stevin Banzouzi
Trésorière générale adjointe : Stella Mizi
Une commission de contrôle et d’évaluation a également été installée afin de garantir la transparence et le respect des textes adoptés.
Sous les applaudissements de l’assemblée, les nouveaux responsables ont reçu la confiance de leurs pairs avec la mission de bâtir une institution crédible, forte et durable. « Nous voulons un arbitrage professionnel »
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Dans son premier discours après son élection, le président Pierre Rodric Mavoungou a placé son mandat sous le signe du rassemblement et de la rigueur. « Nous travaillerons dans le respect des statuts et règlements intérieurs. Notre objectif est de conduire cette association dans l’intérêt de tous les arbitres », a-t-il déclaré.
Mais c’est surtout lors de l’entretien accordé à la presse que le nouveau dirigeant a dévoilé la véritable ambition de l’A²FC.
S’appuyant sur la loi congolaise portant Code du sport ainsi que sur les recommandations de la FIFA relatives aux regroupements professionnels au sein des fédérations, il a défendu la légitimité de cette nouvelle structure.
Selon lui, l’association devra jouer un double rôle : social et professionnel. « Nous voulons prendre en charge les préoccupations sociales des arbitres, qu’ils soient en activité ou retraités. Mais nous voulons également défendre la carrière des arbitres en exercice, leur formation, leurs conditions de travail et leur rémunération », a-t-il expliqué.
Une révolution silencieuse dans le football congolais
Pour les promoteurs de l’A²FC, l’enjeu dépasse largement la simple création d’une association.
L’ambition affichée est de contribuer à la professionnalisation de l’arbitrage congolais, longtemps considéré comme l’un des maillons fragiles du football national. « Nous voulons avoir un arbitrage professionnel. Pendant trop longtemps, nous sommes restés dans l’amateurisme », a insisté le président élu.
À travers cette structure, les arbitres entendent désormais disposer d’un cadre capable de porter leurs revendications, de défendre leurs droits et d’intervenir lorsqu’un officiel se considère lésé.
Dans un environnement sportif souvent marqué par les tensions et les controverses, cette démarche apparaît comme une volonté d’instaurer davantage de dialogue et de protection pour ceux qui ont la lourde responsabilité de faire respecter les règles du jeu.
Le défi de la reconnaissance institutionnelle
Si la naissance de l’A²FC constitue une avancée majeure, le véritable défi commence maintenant.
Le nouveau bureau devra obtenir une reconnaissance pleine et entière au sein de la Fédération Congolaise de Football et travailler en harmonie avec les instances nationales du football.
Le président Mavoungou n’a pas caché que les précédentes tentatives de structuration des arbitres avaient rencontré des résistances.
Déjà élu en 2018 à la tête d’une amicale des arbitres de Brazzaville, il affirme avoir longtemps vu son projet évoluer dans un environnement peu favorable.
Aujourd’hui, estime-t-il, le contexte a changé. Les exigences de gouvernance moderne, les orientations de la FIFA et les réformes du sport congolais ouvrent une nouvelle fenêtre d’opportunité.
Une nouvelle page pour les hommes du sifflet
À 15 h 55, lorsque les travaux ont été levés, les participants avaient le sentiment d’avoir écrit une page importante de leur histoire collective.
Loin des projecteurs réservés aux joueurs et aux dirigeants, les arbitres congolais ont choisi de se doter d’une voix commune. Une voix qui entend désormais peser dans les débats sur l’avenir du football national.
La création de l’Association des Arbitres de Football du Congo apparaît ainsi comme l’expression d’une profession qui refuse de rester spectatrice de son propre destin et qui aspire, enfin, à faire reconnaître pleinement son rôle dans la construction d’un football congolais plus moderne, plus équitable et plus professionnel.
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