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République du Congo, 25 juillet 2026. Dans le recueillement, la prière et la mémoire, les militants de l'Union pour la Démocratie et la République (UDR-Mwinda), accompagnés de plusieurs figures de l'opposition congolaise, se sont retrouvés ce samedi en l'église Saint-François d'Assise de Brazzaville pour une célébration eucharistique dédiée à la mémoire de leur président fondateur, André Milongo Ntsatouambantou. Plus qu'une simple commémoration religieuse, cette messe s'est imposée comme un moment de réflexion sur l'héritage politique d'un homme qui demeure l'une des grandes figures de la transition démocratique au Congo.
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À l'initiative de la direction nationale de l'UDR-Mwinda, conduite par Guy Romain Kimfoussia, la cérémonie a rassemblé militants, sympathisants et responsables de plusieurs formations politiques de l'opposition. Parmi eux figuraient notamment Daddys Badiabio, président de l'UDH-Youki, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, président de La Chaîne, Bonaventure Boudzika, président du CDR, ainsi que de nombreux invités venus témoigner leur respect à la mémoire de celui qui fut l'un des artisans de l'ouverture démocratique congolaise.
La célébration, présidée par le curé de la paroisse, l'abbé Servais Moumocko Loupeh, et animée par la Fraternité Saint-Antoine de Padoue, s'est déroulée dans une atmosphère empreinte de solennité. Prières, supplications pour le repos de l'âme du défunt, procession des offrandes et célébration de l'Eucharistie ont rythmé cette liturgie où le souvenir s'est mêlé à l'espérance chrétienne.
Dans une homélie profondément pastorale, l'abbé Servais Moumocko Loupeh a invité les fidèles à méditer sur la parabole du bon grain et de l'ivraie. Il a rappelé que Dieu laisse grandir ensemble le bien et le mal avant le temps du jugement, appelant chacun à privilégier la patience, la miséricorde et surtout l'amour du prochain.
« Dieu fait lever son soleil sur les bons comme sur les mauvais. Il donne sa chance à chacun. Ce qui nous est demandé, ce n'est pas de condamner les autres, mais de nous aimer les uns les autres », a-t-il souligné. Pour le célébrant, les divisions, les critiques et les rivalités ne peuvent construire une nation. Seul l'amour, vécu comme un engagement quotidien, permet de rendre les chemins des hommes meilleurs.
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S'adressant aux responsables politiques présents dans l'assemblée, le prêtre a rappelé que la paix, la justice et la fraternité constituent des exigences évangéliques qui transcendent les appartenances partisanes. Reprenant le message biblique : « Rendez meilleurs vos chemins et vos actes », il a exhorté les fidèles à faire de la solidarité, de la réconciliation et du service du bien commun les fondements de leur engagement dans la cité.
Cette célébration fut également l'occasion de revisiter le parcours exceptionnel d'André Milongo Ntsatouambantou. Ingénieur de formation, haut fonctionnaire, homme d'État et fervent défenseur du pluralisme politique, il demeure dans l'histoire contemporaine du Congo comme l'une des personnalités majeures de la Conférence nationale souveraine. Premier ministre de transition entre 1991 et 1992, il conduisit le pays dans une période décisive de son histoire avec le souci constant du dialogue, de l'équilibre institutionnel et de l'apaisement politique.
Fondateur de l'UDR-Mwinda, André Milongo avait fait de la démocratie, de l'État de droit, de la justice sociale et du respect des institutions les piliers de son engagement. Son nom reste associé à une certaine idée de la politique : celle d'un exercice du pouvoir fondé sur l'éthique, la responsabilité et le service de la nation plutôt que sur les intérêts personnels.
Au-delà de son action gouvernementale, André Milongo laisse l'image d'un homme de conviction, attaché à la réconciliation nationale et au vivre-ensemble. Son parcours continue d'inspirer plusieurs générations d'acteurs politiques qui voient en lui un modèle de rigueur morale, de modération et de fidélité aux valeurs républicaines.
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Pour les responsables de l'UDR-Mwinda, cette célébration ne relevait pas uniquement du devoir de mémoire. Elle constituait également un acte de fidélité à l'idéal politique légué par leur fondateur. Dans un contexte où le débat public congolais demeure traversé par de nombreuses attentes en matière de gouvernance, de justice et de cohésion nationale, le message laissé par André Milongo conserve une résonance particulière.
En refermant cette célébration, les fidèles ont confié à Dieu l'avenir de l'UDR-Mwinda et celui du Congo, convaincus que les grandes œuvres ne disparaissent pas avec ceux qui les ont initiées. Comme l'a rappelé l'abbé Servais Moumocko Loupeh, la véritable postérité d'un homme ne réside pas seulement dans ses réalisations, mais dans les valeurs qu'il transmet et que les générations suivantes choisissent de faire vivre.
À travers cette Eucharistie, Brazzaville n'a pas seulement honoré la mémoire d'un ancien Premier ministre ; elle a ravivé le souvenir d'un homme dont la trajectoire politique demeure indissociable des aspirations démocratiques du Congo et dont l'héritage continue d'interroger le présent autant qu'il éclaire l'avenir.
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André Milongo, l'homme de la transition démocratique dont l'empreinte continue de marquer le Congo
Par-delà les alternances du pouvoir, certains hommes d'État s'imposent comme des repères de l'histoire nationale. André Milongo Ntsatouabantou appartient à cette catégorie rare de dirigeants dont le nom demeure associé à un moment charnière de la République du Congo : celui de la transition démocratique engagée au début des années 1990. Plus de deux décennies après sa disparition, son héritage politique continue d'alimenter les débats sur la gouvernance, l'État de droit et la culture du dialogue.
Né le 6 octobre 1935 à Mossaka, dans le département de la Cuvette, André Milongo suit une brillante formation d'ingénieur avant de faire carrière dans les institutions financières internationales. Son passage à la Banque mondiale lui confère une solide expertise des questions économiques et du développement, tout en lui ouvrant les portes des grandes sphères diplomatiques internationales.
Lorsque souffle sur l'Afrique le vent des conférences nationales souveraines, le Congo entre à son tour dans une profonde mutation politique. En 1991, la Conférence nationale souveraine le désigne Premier ministre de transition, avec pour mission de conduire le pays vers le pluralisme politique et l'organisation d'élections démocratiques.
La tâche est immense. Les tensions politiques sont vives, les institutions fragiles et les attentes populaires considérables. André Milongo choisit pourtant la voie de la modération. Il privilégie le compromis plutôt que l'affrontement, la concertation plutôt que la confrontation. Dans un contexte marqué par de fortes rivalités partisanes, il s'efforce de préserver l'autorité de l'État sans remettre en cause les acquis de la transition.
Son passage à la primature reste associé à l'organisation des premières élections pluralistes de l'ère démocratique congolaise. Si cette période fut traversée par des crises et des difficultés, elle demeure un jalon essentiel de l'histoire politique contemporaine du Congo.
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À l'international, André Milongo incarne une diplomatie ouverte sur le monde. Ses rencontres avec le président américain George H. W. Bush à Washington, ainsi qu'avec le président français Jacques Chirac, illustrent la volonté du Congo de renouer avec ses partenaires internationaux tout en affirmant sa souveraineté. Son expérience acquise dans les institutions financières lui permet de défendre avec crédibilité les intérêts du pays sur la scène internationale.
Après son départ de la primature, André Milongo poursuit son engagement politique. Il fonde l'Union pour la Démocratie et la République (UDR-Mwinda), faisant du dialogue, de la démocratie représentative, de la bonne gouvernance et du respect des institutions les piliers de son action. Même lorsqu'il siège dans l'opposition, il conserve une réputation d'homme de mesure, préférant la force des idées à celle des invectives.
Son parcours politique est également celui d'un homme profondément attaché à l'éthique publique. Ses proches comme ses adversaires reconnaissent sa rigueur intellectuelle, sa sobriété dans l'exercice du pouvoir et son refus de personnaliser la vie politique. Dans une région souvent marquée par les crises institutionnelles, André Milongo défend inlassablement la primauté du droit, la séparation des pouvoirs et le dialogue comme instrument de résolution des conflits.
Son décès, le 23 juillet 2007 à Paris, laisse un vide dans le paysage politique congolais. Depuis lors, chaque hommage qui lui est rendu rappelle le rôle singulier qu'il joua dans la construction des institutions démocratiques du Congo.
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Aujourd'hui encore, son héritage dépasse les clivages partisans. Pour les uns, il demeure l'architecte de la transition démocratique ; pour les autres, il incarne une certaine idée de l'État, fondée sur la responsabilité, la compétence et le sens du service public. Dans un contexte où les sociétés africaines sont confrontées aux défis du renouvellement de la gouvernance, la trajectoire d'André Milongo rappelle que la légitimité politique se construit autant par les institutions que par l'exemplarité de ceux qui les servent.
L'histoire retiendra sans doute qu'au-delà des fonctions qu'il occupa, André Milongo fut avant tout un bâtisseur d'institutions, un homme de dialogue et un artisan de la paix civile. Son œuvre politique continue d'interroger les générations présentes sur la nécessité de consolider une démocratie fondée sur la confiance, le respect des règles républicaines et la recherche permanente de l'intérêt général.
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