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Brazzaville. Dans les salons de conférence de l'hôtel Hilton des Tours jumelles, les discours ont rapidement laissé place à un constat partagé : en République du Congo, le droit au travail des personnes vivant avec handicap demeure encore largement théorique. Malgré un arsenal juridique renforcé ces dernières années, les obstacles à leur insertion professionnelle continuent de limiter l'accès à un emploi pourtant reconnu comme un droit fondamental.
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Réunis à l'initiative de la Dynamique de l'unité des organisations des personnes handicapées du Congo, représentants des ministères, responsables d'institutions publiques, employeurs du secteur privé, organisations de la société civile et partenaires au développement ont participé, ce vendredi 3 juillet, à un atelier de plaidoyer consacré à l'employabilité des personnes vivant avec handicap dans les secteurs public et privé.
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En ouvrant les travaux, le président Romain Hugues Boukélé de la Dynamique a rappelé que l'inclusion professionnelle ne relève ni de la compassion ni de l'assistance, mais de l'égalité des droits et de la dignité humaine. Pour lui, garantir l'autonomie économique des personnes vivant avec handicap constitue une condition essentielle de leur pleine citoyenneté.
Au fil des échanges, un constat s'est imposé avec force : le principal frein à l'emploi n'est pas l'absence de compétences. Les participants ont au contraire souligné l'existence d'un vivier de talents souvent qualifiés, mais insuffisamment valorisés. Ce sont davantage les préjugés, l'inadaptation des procédures de recrutement, l'accessibilité limitée des environnements de travail et le manque de coordination entre les institutions qui continuent de produire une exclusion silencieuse.
Les débats ont également rappelé que la République du Congo dispose désormais d'un cadre juridique favorable, notamment avec la loi du 25 juillet 2025 portant protection et promotion des droits des personnes vivant avec handicap, en cohérence avec les engagements internationaux du pays. Encore faut-il que ces textes trouvent une traduction concrète dans les politiques publiques et les pratiques des employeurs.
Au-delà de la dimension sociale, les intervenants ont insisté sur l'enjeu économique. Dans un contexte où le pays cherche à diversifier ses compétences et à renforcer son capital humain, laisser à l'écart des milliers de personnes qualifiées représente un manque à gagner pour l'économie nationale autant qu'une injustice sociale. L'inclusion apparaît ainsi comme un levier de performance, d'innovation et de cohésion.
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Les recommandations formulées à l'issue de l'atelier traduisent cette volonté de passer à une nouvelle étape. Les participants demandent notamment l'application effective d'un quota minimum de 10 % de recrutement des personnes vivant avec handicap, la création d'un fichier national des demandeurs d'emploi au sein de l'Agence congolaise pour l'emploi, l'adaptation des postes de travail, la formation des recruteurs aux pratiques inclusives ainsi qu'un meilleur suivi des politiques publiques. Ils plaident également pour la création d'une structure gouvernementale spécifiquement dédiée aux questions du handicap afin d'assurer une coordination plus efficace des actions de l'État.
En clôturant les travaux, le président de la Dynamique n'a pas caché son inquiétude face au ralentissement observé dans la mise en œuvre des engagements pris ces dernières années.
« Nous constatons aujourd'hui un véritable recul. C'est précisément pour cette raison que nous avons organisé cette rencontre. Notre objectif est de sensibiliser les décideurs afin que des solutions concrètes soient enfin apportées », a-t-il déclaré devant les participants.
Loin de considérer cette rencontre comme un aboutissement, il a annoncé la poursuite d'une campagne de plaidoyer auprès de l'ensemble des institutions de la République. « Le travail ne fait que commencer », a-t-il affirmé, promettant de porter ce message « de porte à porte » auprès des autorités publiques et des décideurs économiques.
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Au terme de cette journée, un message domine : l'inclusion professionnelle des personnes vivant avec handicap ne constitue pas seulement une exigence de justice sociale. Elle est aussi un choix de développement. Pour le Congo, l'enjeu n'est plus de reconnaître les droits, mais de leur donner une réalité dans les administrations, les entreprises et l'ensemble du marché du travail.
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