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Congo : avec FOUTA, Brazzzaville accélère la numérisation de ses finances publiques

par André LOUNDA 3 Juillet 2026, 12:17 Economie

Brazzaville, 3 juillet 2026 – La République du Congo franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son administration financière. Réunis à l'hôtel Hilton des Tours Jumelles de Brazzaville, les représentants du gouvernement, des professionnels de la comptabilité, du secteur bancaire et des entreprises ont assisté à la présentation officielle de FOUTA, la nouvelle Plateforme nationale de paiement des recettes publiques, appelée à transformer durablement la collecte des ressources de l'État.

Organisée par l'Ordre national des experts-comptables du Congo (ONEC-C), en partenariat avec le ministère dedes Finances, du Budget et du Portefeuille public, cette rencontre a mis en lumière une réforme qui dépasse largement le cadre d'une simple innovation informatique. Elle s'inscrit dans la stratégie de digitalisation des finances publiques engagée depuis plusieurs années afin d'améliorer la mobilisation des recettes, renforcer la transparence budgétaire et moderniser la relation entre l'administration fiscale et les contribuables.

En ouvrant les travaux, le président de l'ONEC-C, Brice Voltaire Étou-Obami, a rappelé que les experts-comptables constituent le principal relais entre l'administration fiscale et les entreprises. Selon lui, la réussite de cette transition numérique dépendra autant de la qualité de l'outil que de l'adhésion des professionnels chargés de son déploiement sur le terrain.

Il a également souligné que plusieurs réformes sont déjà en cours, notamment le système de facturation électronique certifiée, dont la mise en œuvre opérationnelle est désormais attendue au 1er août. L'ONEC-C entend poursuivre le dialogue avec les autorités afin d'assurer un calendrier réaliste et une adoption progressive par les entreprises.

Au-delà de la présentation technique de FOUTA, le président de l'Ordre a insisté sur les exigences de gouvernance. Il a rappelé que seuls les experts-comptables régulièrement inscrits à l'ONEC-C sont habilités à certifier les états financiers conformément aux dispositions de la législation congolaise, appelant les entreprises à privilégier exclusivement les cabinets agréés.

La démonstration de la plateforme, conduite par Élenga Ngamporo Okina, directeur des systèmes d'information du ministère des Finances, a permis d'illustrer le changement de paradigme que représente FOUTA.

Aujourd'hui, le paiement des recettes publiques implique encore de multiples déplacements entre les administrations, les banques commerciales, la Banque Postale et les comptables publics. Cette fragmentation ralentit les opérations, accroît les coûts administratifs et limite la visibilité de l'État sur les encaissements en temps réel.

FOUTA entend mettre fin à cette architecture éclatée en centralisant l'ensemble des paiements des impôts, des droits de douane et, à terme, des recettes des collectivités locales ainsi que des services publics. Les paiements, réalisés via les banques partenaires ou les opérateurs de mobile money, sont automatiquement orientés vers le Compte unique du Trésor logé à la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC).

Chaque transaction est identifiée, authentifiée, réconciliée automatiquement et donne lieu à la délivrance immédiate d'une quittance électronique sécurisée, dotée d'un QR Code permettant son authentification.

Pour les entreprises, la réforme promet un changement significatif. Les télépaiements pourront être effectués à toute heure, depuis n'importe quel lieu et à partir d'un ordinateur ou d'un téléphone mobile, réduisant considérablement les délais et les contraintes administratives.

Le ministère a toutefois insisté sur un préalable essentiel : la fiabilité des données bancaires des entreprises. La validation des opérations reposant notamment sur des systèmes d'authentification sécurisés (OTP), les coordonnées téléphoniques et électroniques devront être régulièrement mises à jour auprès des établissements bancaires.

Conscient de l'ampleur de cette transformation, le gouvernement a retenu une stratégie de déploiement progressif. Après une première phase pilote menée auprès d'entreprises déjà familiarisées avec la télédéclaration, la plateforme sera étendue aux grandes puis aux moyennes entreprises avant d'être progressivement généralisée à l'ensemble des contribuables d'ici la fin de l'année.

Cette montée en puissance doit permettre d'intégrer les retours d'expérience, de corriger les éventuelles difficultés techniques et de garantir une transition maîtrisée.

Au-delà de son volet technologique, FOUTA constitue également un instrument de gouvernance publique. En améliorant la traçabilité des paiements, la qualité des données financières et la centralisation des recettes, la plateforme renforce les capacités de pilotage budgétaire de l'État et rapproche le Congo des standards internationaux en matière de gestion des finances publiques.

Pour l'ONEC-C, le succès de cette réforme reposera désormais sur une coopération étroite entre les administrations financières, les établissements bancaires, les opérateurs de paiement et les entreprises.

La démonstration en direct d'une télédéclaration suivie d'un télépaiement effectif est venue illustrer le caractère désormais opérationnel de la plateforme. À l'issue des échanges avec les participants, le président de l'ONEC-C a salué la mobilisation des différents acteurs avant de clôturer une cérémonie qui marque l'ouverture d'une nouvelle phase de la transformation numérique des finances publiques congolaises.

À travers FOUTA, le Congo affiche son ambition de construire une administration financière plus efficace, plus transparente et davantage adaptée aux exigences d'une économie de plus en plus numérisée. Une réforme dont la réussite sera désormais mesurée à sa capacité à améliorer durablement le climat des affaires, la confiance des contribuables et la performance de la gestion publique.

 

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