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COSERCO : à Brazzaville, les Églises de réveil choisissent la voie de la rigueur pour refonder la gouvernance

par André LOUNDA 18 Juillet 2026, 12:09 Religion

Réuni pendant deux jours dans la capitale congolaise, le Conseil national du COSERCO a affiché sa volonté de restaurer la discipline interne, de renforcer la transparence financière et de replacer la responsabilité au cœur de la mission spirituelle. Entre exigences de gouvernance et ambitions sociales, l'institution entend ouvrir une nouvelle étape de son histoire. Dans la salle de conférence de l'hôtel Edmond, les débats n'ont rien eu d'un simple rendez-vous administratif. Pendant quarante-huit heures, les responsables du Conseil supérieur des Églises de réveil du Congo (COSERCO) ont confronté leurs convictions, évalué leurs pratiques et dessiné les contours d'une réforme qui se veut autant spirituelle qu'institutionnelle.

Au terme des travaux du deuxième Conseil national de la mandature 2025-2029, le ton est donné : le temps de la responsabilité doit désormais prévaloir sur celui des habitudes. Le thème retenu pour cette session — « À l'heure de la responsabilité dans l'Église et la nation » — n'aura pas été un simple slogan. Il a servi de fil conducteur à des échanges parfois exigeants, toujours orientés vers une même ambition : renforcer la crédibilité d'une organisation qui fédère les Églises de réveil du Congo.

Sous la présidence du Révérend Pasteur Germain Loubota, 120 conseillers nationaux, sur les 172 que compte l'institution, ont atteint le quorum statutaire, permettant au Conseil de siéger et de délibérer dans le respect de ses textes.

Les travaux ont porté sur le bilan de la première année de la mandature, l'élection des bureaux départementaux, la situation créée par la démission de l'ancien président du bureau exécutif, l'examen d'un nouveau règlement financier ainsi que le budget de fonctionnement.
Mais derrière ces dossiers techniques s'est exprimée une interrogation plus profonde : comment faire d'une organisation religieuse un modèle de gouvernance, de transparence et d'exemplarité ?

Le communiqué final apporte une première réponse.

Le Conseil national a accordé quitus au bureau exécutif pour sa gestion, tout en jugeant les résultats obtenus « en deçà des attentes ». Une appréciation qui s'accompagne d'une exigence claire : désormais, chaque rapport d'activité devra être accompagné d'un rapport financier détaillé.
Cette volonté de renforcer la culture de la reddition des comptes marque un tournant. Elle traduit la conviction que l'autorité spirituelle ne saurait être dissociée de la responsabilité dans la gestion des ressources collectives.

Autre décision majeure : le maintien du statu quo à la tête du bureau exécutif après la démission de son ancien président. Plutôt que de précipiter une nouvelle recomposition, le Conseil a préféré préserver la stabilité en confiant la continuité aux vice-présidents, conformément à l'ordre de préséance prévu par les textes. La réorganisation définitive est renvoyée à une session de mi-mandat.
Mais c'est sans doute sur la discipline interne que les décisions apparaissent les plus fermes.
Face à l'absentéisme répété et à l'inactivité de certains conseillers nationaux, le COSERCO annonce une véritable opération de remise en ordre.

Tous les responsables devront désormais signer une fiche d'engagement. Les membres qualifiés d'« inactifs », d'« indécis » ou de « fantômes » seront identifiés, entendus dans le respect des procédures, puis remplacés dans les organes de direction si leur désengagement est confirmé. « Il ne s'agit pas d'exclure des personnes, mais de redonner à nos institutions leur efficacité et leur crédibilité », a insisté le Révérend Pasteur Germain Loubota lors de son discours de clôture.

Pour le président du Conseil national, la responsabilité ne constitue pas une contrainte administrative, mais une exigence spirituelle. « La responsabilité est une vocation », a-t-il rappelé, invitant chaque dirigeant religieux à incarner, dans son ministère comme dans la gestion institutionnelle, les valeurs d'intégrité, de fidélité et de transparence.

Cette recherche d'exemplarité s'inscrit dans le prolongement du séminaire sur le leadership éthique holistique, organisé quelques jours auparavant à Brazzaville, dont les enseignements ont nourri les réflexions des conseillers.
Au-delà de la gouvernance, le COSERCO entend également renforcer son engagement dans la société.

Le Conseil a ainsi annoncé un futur partenariat avec la Caisse d'assurance maladie universelle (CAMU) afin de faciliter l'accès des serviteurs de Dieu à une couverture sanitaire.
Autre projet structurant : l'acquisition, sous forme locative, de 200 hectares de terres à Inoni destinés à une future exploitation agricole dans le cadre des Zones agricoles protégées (ZAP). Une initiative qui traduit la volonté de promouvoir une autonomie économique des communautés religieuses tout en participant aux politiques nationales de développement.

Les conseillers nationaux ont également été invités à s'impliquer davantage dans les campagnes d'assainissement de l'environnement et à accompagner le futur recensement des Églises de réveil, en collaboration avec les institutions de la République.
Enfin, les travaux se sont achevés sur une double dimension, à la fois mémorielle et institutionnelle.

Le Conseil a rendu un hommage appuyé aux cofondateurs du COSERCO, le regretté pasteur Kany Morlendé et le pasteur Constant Mampouya, tout en adoptant une motion de remerciement à l'endroit du président de la République, Denis Sassou-Nguesso, et de son gouvernement pour les relations entretenues avec les communautés chrétiennes.

À Brazzaville, cette deuxième session du Conseil national n'aura donc pas seulement produit des recommandations administratives. Elle aura esquissé une vision : celle d'une Église de réveil qui entend conjuguer autorité spirituelle, discipline institutionnelle et responsabilité citoyenne.

À l'heure où les organisations confessionnelles occupent une place importante dans la cohésion sociale congolaise, le COSERCO affirme ainsi son ambition de faire de la  une expression concrète de la foi, au service de l'Église comme de la nation.

 

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