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Kinshasa ouvre sa boîte du dialogue...et referme le couvercle des calculs ?

par André LOUNDA 18 Juillet 2026, 15:04 International

Le grand retour du dialogue national : remède miracle ou nouvelle ordonnance politique ?

À Kinshasa, le mot « dialogue » revient avec la régularité d'une saison des pluies. On le range au placard lorsqu'il dérange, puis on le ressort dès que le thermomètre politique grimpe. Cette fois, c'est le président Félix Tshisekedi qui a donné son accord de principe pour l'organisation d'un dialogue national inclusif, annoncé le 17 juillet devant une délégation des confessions religieuses.

Le principe est simple : rassembler ceux qui se parlent encore, convaincre ceux qui ne se parlent plus et éviter que ceux qui ne veulent parler à personne ne dictent l'ordre du jour.

Reste une question qui flotte dans les couloirs du pouvoir comme un dossier jamais classé : qui s'assiéra autour de la table ? Car un dialogue n'est pas seulement une affaire de chaises. C'est surtout une affaire de légitimité.

Avant même que l'encre de l'ordonnance présidentielle ne sèche, les spéculations vont déjà bon train. Calendrier, format, médiation, participants… chacun compose sa liste d'invités comme on prépare un banquet dont personne ne connaît encore le menu.

Le sujet le plus sensible demeure celui des responsabilités dans la crise qui ravage l'Est de la République démocratique du Congo. Plusieurs responsables politiques et observateurs estiment qu'une clarification préalable est indispensable avant toute concertation. Dans ce contexte, la participation de certaines personnalités ou de groupes armés, notamment l'AFC/M23, fait déjà l'objet d'intenses débats politiques et juridiques. Les positions divergent, tandis que les autorités devront préciser le cadre retenu.

Le véritable piège serait pourtant ailleurs. En République démocratique du Congo, les dialogues ont parfois laissé le souvenir de grandes messes où les micros fonctionnaient mieux que les réformes, où les résolutions s'empilaient plus vite que leur application, et où le partage des responsabilités ressemblait davantage à un partage des fauteuils.

Cette fois, les Congolais attendent autre chose qu'une photographie de famille entre adversaires réconciliés le temps d'une cérémonie officielle. Ils attendent des réponses sur la sécurité, la gouvernance, la cohésion nationale et le rétablissement de l'autorité de l'État.

Car un dialogue qui contournerait la Constitution ou sacrifierait l'intérêt général sur l'autel des calculs politiques risquerait de n'être qu'un épisode supplémentaire d'une longue série institutionnelle dont le public connaît déjà la fin.

Le véritable défi n'est donc pas d'organiser une conférence de plus, mais de restaurer la confiance d'un peuple qui observe depuis longtemps les promesses défiler plus vite que les résultats.

À défaut, le dialogue national pourrait offrir un spectacle parfaitement congolais : beaucoup de discours, quelques poignées de main, une photo officielle… et, à la sortie, chacun repartant avec ses certitudes sous le bras pendant que les défis, eux, resteraient sagement assis au milieu de la table.

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