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À Bambou-Mingali, les visiteurs s'arrêtent volontiers devant les tubercules de manioc, les semences améliorées ou les animaux d'élevage. Mais, sur le stand de l'Institut national de recherche agronomique (IRA), ce sont des microscopes qui attirent les regards. Une image inhabituelle dans une foire agricole, mais qui résume à elle seule l'ambition de la deuxième édition de la Grande Foire Agricole du Congo (GFAC) : rappeler que la bataille de la souveraineté alimentaire se gagne autant dans les laboratoires que dans les champs. « Nous ne faisons pas de la recherche pour la recherche. Nous faisons une recherche de développement, au service des producteurs », affirme avec conviction Françoise Romaine Otabo, directrice générale de l'Institut national de recherche agronomique, rattaché au ministère de la Recherche scientifique et de l'Innovation technologique.
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Dans une manifestation placée sous le thème « Nourrir la nation et honorer la patrie », la responsable de l'IRA revendique pleinement la place des chercheurs aux côtés des agriculteurs. Pour elle, la recherche agronomique ne peut rester confinée aux laboratoires. Elle commence par l'écoute des réalités du terrain. « Nous allons vers le producteur, nous recueillons ses besoins, puis nous élaborons des programmes capables de répondre à ses difficultés », explique-t-elle. Cette démarche participative irrigue l'ensemble des activités de l'institut : productions végétales, productions animales, amélioration des techniques culturales et transformation des produits agricoles.
Le manioc, aliment de base de millions de Congolais, illustre parfaitement cette philosophie. Confrontés à la baisse des rendements provoquée notamment par la mosaïque africaine du manioc, les chercheurs de l'IRA interviennent directement sur les variétés contaminées. Les plants malades sont prélevés, assainis grâce aux techniques de culture de tissus et d'extraction de méristèmes, puis multipliés avant d'être redistribués aux producteurs.
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L'objectif n'est pas seulement de fournir des plants sains. Les chercheurs accompagnent également les agriculteurs sur les bonnes pratiques culturales, l'entretien des sols et les méthodes permettant de préserver durablement les rendements.
« Lorsque nous remettons un matériel végétal assaini, nous expliquons aussi que le sol doit être sain et que les techniques de culture sont tout aussi importantes », souligne la directrice générale.
L'innovation ne s'arrête pas aux cultures végétales. L'IRA développe également des solutions pour l'alimentation animale, en formulant des aliments destinés aux élevages porcins et avicoles, afin de réduire les coûts de production et d'améliorer les performances des exploitations.
Au cœur du stand, un laboratoire miniature intrigue les visiteurs. Derrière les microscopes installés pour l'occasion se cache une ambition plus vaste : éveiller les vocations scientifiques.
Les enfants, les étudiants et les producteurs peuvent observer les manipulations réalisées par les chercheurs, découvrir la microbiologie végétale ou comprendre comment une plante malade peut redevenir saine grâce aux biotechnologies.
« Nous voulons montrer que derrière chaque récolte abondante, il y a aussi la science », résume Françoise Romaine Otabo.
Pour la directrice générale, la GFAC constitue bien davantage qu'une simple exposition agricole. Elle est une plateforme où producteurs, chercheurs, institutions publiques et partenaires techniques se rencontrent pour bâtir ensemble une agriculture plus résiliente.
Cette vitrine nationale permet aussi de démontrer que la recherche publique peut apporter des réponses concrètes aux défis alimentaires, climatiques et économiques auxquels le Congo est confronté.
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Mais derrière cet optimisme demeure un appel. L'IRA dispose des compétences scientifiques, des innovations et des équipes capables d'accompagner la modernisation agricole. Ce potentiel demande toutefois davantage de moyens.
« Nous avons les outils pour contribuer à augmenter la production. Ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c'est d'un accompagnement plus important du gouvernement et de nos partenaires afin d'aller encore plus loin », plaide-t-elle.
Dans les allées de la GFAC, entre les saveurs des terroirs congolais et les promesses de récoltes futures, le message porté par l'Institut national de recherche agronomique apparaît limpide : la souveraineté alimentaire ne repose pas uniquement sur la fertilité des terres. Elle dépend aussi de la capacité d'un pays à transformer la connaissance scientifique en solutions accessibles aux producteurs. Au Congo, cette révolution silencieuse est déjà en marche, portée par des chercheurs convaincus que l'innovation constitue désormais l'un des premiers engrais du développement.
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