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Ollita Ondongo,une distinction de plus pour un combat contre la corruption

par André LOUNDA 17 Août 2026, 21:43 Société

À Brazzaville, l’Association de la presse en ligne du Congo a décerné un prix d’excellence au président de la Haute Autorité de lutte contre la corruption. Un diplôme d’honneur, un trophée et le portrait d’un artiste de Kinshasa sont venus consacrer un engagement que ses promoteurs présentent comme une bataille de longue haleine pour l’intégrité publique.

À Brazzaville, les distinctions finissent parfois par raconter une histoire à elles seules. Celle d’un homme, d’une institution, mais aussi d’une cause dont les résultats se mesurent moins aux applaudissements qu’à la capacité de transformer durablement les pratiques publiques.

Ce lundi 17 août, Emmanuel Ollita Ondongo, président de la Haute Autorité de lutte contre la corruption (HALC), a reçu une nouvelle distinction. Elle lui a été remise par l’Association de la presse en ligne du Congo (APELCO), présidée par Junior Moyowabu-Kalala, avec Dimitri Bonganya comme secrétaire général.

La cérémonie avait quelque chose de solennel, mais aussi de symbolique. Trois objets ont été remis au président de la HALC : un diplôme d’honneur, un trophée et un portrait, œuvre d’un artiste de la rive gauche du fleuve Congo. Trois signes destinés à saluer un parcours et, surtout, à mettre en lumière une action publique devenue indissociable de la lutte contre la corruption au Congo.
Le trophée, lui, portait une signification qui dépassait la personne du récipiendaire. Il entendait symboliser l’unité des peuples africains et, plus particulièrement, les liens entre les deux rives du fleuve Congo, entre Brazzaville et Kinshasa.

Une distinction qui vient s'ajouter à une série

Dans son intervention, le secrétaire général de l’APELCO a voulu inscrire cette reconnaissance dans la durée.
Il a présenté Emmanuel Ollita Ondongo comme un responsable ayant placé « l’intégrité morale et la lutte contre la corruption » au centre de son action. Des cabinets ministériels aux administrations publiques, en passant par les établissements d’enseignement, son engagement aurait été, selon l’association, marqué par une présence régulière sur le terrain.

L’APELCO a notamment évoqué son implication dans la surveillance des examens d’État et ses visites dans différents centres d’examen. Un terrain particulièrement sensible, où la fraude, les arrangements et les pratiques corruptives constituent depuis longtemps un défi pour les systèmes éducatifs africains.

Au-delà de ces actions, l’association a également rappelé les différentes responsabilités assumées par Emmanuel Ollita Ondongo, notamment à la tête de l’Observatoire anticorruption, de l’Association des autorités anticorruption d’Afrique et aujourd’hui de la Haute Autorité de lutte contre la corruption.

Pour ses initiateurs, la distinction ne récompense donc pas seulement un responsable institutionnel. Elle entend saluer une trajectoire. « Si la langue française pouvait créer un mot mieux que merci… »
Face à cette nouvelle reconnaissance, Emmanuel Ollita Ondongo a choisi la sobriété.

Dans son mot de remerciement, le président de la HALC a dressé l’inventaire des distinctions reçues au cours de son mandat. Celle de l’APELCO vient, selon lui, s’ajouter à cinq autres reconnaissances obtenues auprès d’organisations de journalistes, d’institutions et d’organisations internationales.

Il a cité notamment une distinction décernée par une organisation de journalistes du Congo, une reconnaissance attribuée par Croissance Peace à Paris, une distinction de la Ligue universelle des droits publics, un prix d’excellence attribué dans le cadre de la République démocratique du Congo, ainsi que des distinctions honorifiques obtenues à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Six distinctions au total, selon son décompte.

Mais derrière cette succession de trophées, Emmanuel Ollita Ondongo a voulu rappeler une idée essentielle : une distinction ne devrait jamais être considérée comme une récompense individuelle, mais comme le reflet d’un travail collectif. « Toutes ces distinctions sont le fruit du travail que tous nous avions réalisé », a-t-il souligné, associant les membres assermentés de la Haute Autorité, les personnels d’appui et l’ensemble de ses collaborateurs à cette reconnaissance.

Puis est venue une formule, presque comme une pirouette face à l’impossibilité de trouver des mots suffisamment forts : « Si la langue française pouvait créer un mot mieux que le merci, je l’utiliserais aujourd’hui. »
Il n’en aura pas d’autre. « Merci », a-t-il ajouté, « jusqu’à preuve du contraire ».

La lutte contre la corruption, entre symbole et épreuve du réel

Dans un pays où la question de la gouvernance publique reste étroitement liée à celle de la confiance des citoyens dans leurs institutions, les distinctions honorifiques ont toutefois leurs limites.

Elles peuvent consacrer un parcours, reconnaître une détermination, donner de la visibilité à une cause. Mais elles ne suffisent pas à elles seules à mesurer l'efficacité d'une politique anticorruption.

Le véritable test se situe ailleurs : dans la prévention, la transparence des procédures, la capacité à détecter les pratiques illicites, à protéger les lanceurs d’alerte, à renforcer les contrôles et, surtout, à faire en sorte que la corruption cesse d’être perçue comme une fatalité administrative.

C’est là que se joue la bataille de fond.

À travers le prix d’excellence décerné à Emmanuel Ollita Ondongo, l’APELCO a voulu encourager cette dynamique. Elle a également rappelé que le combat contre la corruption ne relève pas seulement des institutions spécialisées. Il concerne aussi les médias, la société civile, les administrations et, plus largement, l’ensemble des citoyens.

La cérémonie de Brazzaville aura ainsi été davantage qu’une remise de trophées. Sur les deux rives du fleuve Congo, elle aura posé un même principe : la lutte contre la corruption ne peut durablement réussir que si elle devient une exigence collective.

Pour Emmanuel Ollita Ondongo, cette sixième distinction apparaît dès lors moins comme un point d’arrivée que comme une invitation à poursuivre le travail.
Car dans ce domaine, le plus difficile n’est peut-être pas de recevoir un prix.
C’est de faire en sorte que, demain, la probité n’ait plus besoin d’être récompensée pour être considérée comme une évidence.

 

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