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SMIB 2026: à Brazzaville, 8.407 coureurs font du << sport au cœur de la jeunesse >> une fête populaire

par GéoAfriqueMédias.cg 15 Août 2026, 12:53 Sport

                Grand reportage

 Dès les premières heures de ce vendredi 14 août 2026, le boulevard Alfred-Raoul n’avait plus tout à fait le visage d’une artère ordinaire. La circulation y avait cédé la place aux chaussures de course, aux maillots bariolés, aux drapeaux et aux encouragements. Sur cette ligne de départ devenue, le temps d’une matinée, une frontière entre la ville pressée et la ville en fête, 8 407 athlètes s’étaient donné rendez-vous. Au milieu de cette marée humaine, un même objectif : parcourir les 21,1 kilomètres du 21e Semi-marathon international de Brazzaville (SMIB), placé sous le haut patronage du président de la République, Denis Sassou Nguesso.

Le coup d’envoi donné par le chef de l’État a libéré la foule. Dans un grondement de pas, les coureurs ont quitté le boulevard Alfred-Raoul. Brazzaville s’est alors transformée en immense piste à ciel ouvert. Derrière les champions venus chercher la victoire, des milliers de jeunes anonymes couraient pour le plaisir, pour le défi personnel, pour la santé ou simplement pour participer à ce rendez-vous devenu, année après année, l’un des grands moments populaires du calendrier congolais.

De Brazzaville à Djibouti, une même ligne d’arrivée

L’édition 2026 aura été marquée par une domination djiboutienne dans les épreuves internationales.

Chez les hommes, Hussein Sugey s’est imposé en 1 h 02 min 38 s, tandis que chez les dames, Soupa Ali Mohamed a franchi la première la ligne d’arrivée en 1 h 40 min 13 s.

Deux victoires qui donnent au drapeau djiboutien une place de choix dans le palmarès de cette 21e édition.

La compétition nationale a, elle aussi, livré ses héros. Libombo Matena Sametone, avec un chrono de 1 h 07 min 58 s, s’est adjugé la première place chez les hommes. Chez les dames, Fredina Ngouma s’est imposée en 1 h 16 min.

Les meilleurs athlètes de chaque catégorie, ainsi que les trois premiers, ont été récompensés au terme de l’épreuve, consacrant une matinée où l'effort, davantage que la notoriété, aura été le véritable juge.

Vingt et un ans après, le SMIB change d'échelle

Lancé en 2003 dans le cadre des festivités liées à l’indépendance du Congo, le Semi-marathon international de Brazzaville a progressivement changé de dimension. Ce qui pouvait apparaître, à ses débuts, comme une manifestation sportive nationale est devenu un rendez-vous continental.

Camerounais, Tchadiens, Congolais de Brazzaville et de Kinshasa, Djiboutiens, Malgaches, Éthiopiens, Rwandais et Kényans ont notamment répondu présents pour cette édition. Aux côtés des représentants des 15 départements du Congo, ils ont donné à la course son véritable visage international.

Le SMIB est désormais inscrit dans l’agenda de l’athlétisme africain et s’est installé dans le paysage des grandes courses sur route du continent.

Cette attractivité, le ministre en charge des Sports, Hugo NGOUELONDÉLÉ, la voit comme le résultat d’une dynamique désormais bien installée. La participation massive des jeunes Congolais, hommes et femmes venus des différents départements, témoigne selon lui de l’attachement grandissant à cette compétition.

À Brazzaville, le SMIB n’est donc plus seulement une course. Il est devenu une attente. Une habitude. Presque un rituel.

« C’est leur course »

Derrière cette mécanique sportive, il y a aussi une ambition sociale assumée par le principal partenaire de l’événement, la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC). Pour son directeur général, Maixent Raoul Ominga, le soutien au SMIB s'inscrit dans une conception plus large de la responsabilité sociétale de l'entreprise publique. « La SNPC est une société de l’État », rappelle-t-il, soulignant que ses missions ne se limitent pas à ses activités opérationnelles. L’éducation, la santé et le sport constituent, à ses yeux, des leviers permettant d’accompagner l’action publique et de répondre à certaines préoccupations concrètes des populations, notamment de la jeunesse. Mais le dirigeant refuse que le rendez-vous sportif s’installe dans la routine.

Chaque édition doit, selon lui, franchir un nouveau palier. L'édition 2026, marquée par plusieurs innovations et par le nombre record d’inscrits, veut précisément traduire cette volonté de renouvellement. « C’est leur course », explique-t-il en substance à propos des populations de Brazzaville. Une manière de rappeler que le SMIB ne se résume pas aux athlètes qui courent pour le podium. Il appartient aussi aux familles qui sortent regarder la compétition, aux enfants qui découvrent les champions et à ces jeunes spectateurs auxquels la performance d’un athlète venu du Kenya, de Djibouti ou d’Éthiopie peut donner l’envie de chausser, à leur tour, des baskets. Le pari est là : faire du spectacle sportif une fabrique de vocations.

« Le sport au cœur de la jeunesse »

Le thème retenu pour cette 21e édition — « Le sport au cœur de la jeunesse » — résume cette ambition.

Au-delà du chronomètre, le SMIB entend ainsi inscrire le sport dans une politique plus vaste d’encadrement, de formation et d’émancipation de la jeunesse.

Pascal Akouala-Guello, intervenant au nom du Comité olympique congolais, a insisté sur la portée d’un événement qui rassemble les jeunes Congolais et ceux venus d’autres horizons autour des valeurs de dépassement de soi, de respect et de loyauté.

Car une course de 21,1 kilomètres ne se gagne pas seulement avec les jambes. Elle se construit dans la discipline, l’endurance et la capacité à tenir lorsque le souffle devient court et que la ligne d’arrivée semble encore lointaine.

Ces mêmes valeurs sont celles que les organisateurs veulent voir s’installer dans la jeunesse congolaise.

Une entreprise publique, une course, une responsabilité

Le record de 8 407 inscrits constitue, pour la SNPC, un signal particulièrement encourageant. Il traduit l'élargissement de la base populaire du SMIB et renforce le rôle que l’entreprise entend jouer dans sa responsabilité sociétale.

Le sport devient ici un langage commun : celui de la jeunesse, de la santé, de la discipline et du vivre-ensemble.

Dans les rues de Brazzaville, cette dimension était visible. Il y avait les champions et ceux qui ne couraient que pour terminer. Les athlètes confirmés et les amateurs. Les enfants accrochés aux barrières et les familles venues encourager les leurs. Les coureurs congolais et les délégations étrangères.

Tous étaient pourtant engagés dans la même histoire.

Celle d'une ville qui, pendant quelques heures, a fait de ses rues un stade.

Le SMIB, miroir d’une ambition

Vingt et un ans après sa création, le Semi-marathon international de Brazzaville semble avoir trouvé une nouvelle respiration. Son enjeu n'est plus seulement de désigner les meilleurs coureurs du jour. Il est aussi de consolider une culture sportive populaire et de faire de Brazzaville une étape reconnue des grandes compétitions d’athlétisme sur route.

Le record de participation, la présence d’athlètes internationaux et l’élargissement du public donnent à cette 21e édition une dimension particulière.

Au bout des 21,1 kilomètres, Hussein Sugey et Soupa Ali Mohamed ont inscrit Djibouti au sommet. Libombo Matena Sametone et Fredina Ngouma ont porté les couleurs nationales.

Mais derrière les quatre vainqueurs, il reste une autre victoire, moins visible et peut-être plus durable : celle de milliers de jeunes qui ont découvert, le temps d’une course, que le sport peut être autre chose qu’un spectacle.

Il peut être une école.

Et, ce vendredi 14 août, à Brazzaville, cette école avait 8 407 élèves.

 

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